1 août 2014

Miznon

La Pita punk!


Tordant le coup de fourchette aux codes de la street food bien pensante, Miznon frappe fort en assumant une dérive des continents si loin si proche orientale.




Cette adresse "soeur" d"un succès israélien, marqué par la personnalité affirmée de son chef, Eyal 
Shani, ne s'est pas ouverte dans le Marais pour jouer les touristes. Du contenu au contenant, c'est 
déconcertant. Cela explique grandement les critiques à son égard. 


En salle!


Pas de séduction facile, pas de code établi mais du choc culinaire, de l'expressif en mode franc 
quasi brutal. On aime ou pas. Le service, déjà. Tutoiement de rigueur, carte en forme de tableau 
métaphysique de fac de philo, musique à donf, serveurs amicaux comme des potes, commandes au comptoir, etc...  Une atmosphère de maison de vacances où l'on se sent tout de suite bien. La déco aussi joue dans l'informel. C'est joli sans volonté, malgré le bric à brac, les caisses de légumes frais importés, les tables hautes puis basses. Sans fioritures.

Et dans l'assiette me direz-vous? Ah parce que vous espériez en trouver, vous répondrais-je? De la 
vraie street food se mange avec les doigts, et surtout des pitas. Et là c'est l'explosion: des saveurs
puissantes, des accords majeurs et des cuissons de malade. Je crois que le chef était pyromane avant 
et que la cuisine l'a calmé, mais pas guéri. Comme ses potes au feu, les cuistots qui vous ont souris 
comme des agneaux en entrant. Ne soyez donc pas surpris de manger brûlé (ou quasi). Ainsi le désormais 
célèbre chou fleur à l'huile d'olive "charbonisé" ou la patate douce, enfin douce sur le papier. Du 
papier, vous en aurez justement, pour vous emballez, vous et vos plats. En amateur éclairé et ouvert, 
vous aurez remarqué que les cuissons sont plus complexes qu'il n'y parait (ils se sont savamment pris le chou). Seuls les idéologues s'en offusqueront.


Bourguignon au vert

Végétarien au pesto maison

Une merveille d'agneau dans son pré

Que vous choisissez végétarien ou viande préparez-vous à retrouver du fondant, du moelleux, un alliage savant entre frais (les herbes choisies) et confits. Une sorte de gifle d'amour, violente puis 
rassurante. Les saveurs semblent différentes et pourtant pleine de parcelles de patrimoine.fr . La 
pita, plus épaisse et tendre, fonctionne comme un manteau divers, une doudoune de ce qui nous plait.
Le mode d'emploi est finalement assez simple. 


La Bêêête!

Tu décodes la carte sous forme de territoire: des noms poétiques évoquent les produits de la terre, de la mer, tout vert, en pleine ou demie portion, les accompagnements et les douceurs. Un buffet (miznon en hebreu) met à dispo des condiments et des morceaux dudit pain pour tartiner au pif. Puis on donne un prénom pour l'appel de faim.


Pitatin!

En dessert, l'assoce franco-israélienne fonctionne dans la pita tatin. Et pourtant, ça cale, les garnitures étant très généreuses et les morceaux de viandes plurielles.

En y allant 2 fois, pas de déception et même une confirmation. Plaisir et découvertes se mêlent pour 
étonner vos papilles. Un étonnant mélange de dynamite et de miel, à manipuler avec les doigts, sans se brûler. Des pitas de cette qualité, ça se refuse pas.


MIZNON
22 rue des Ecouffes 75004 Paris
M° St Paul, Hôtel de Ville
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Tel: 01 42 74 83 58

Ouvert de 11h à 23h. Fermé vendredi soir et samedi

Pita de 3€ à 11.50€ en salé, 3.50€ en sucré.

1 commentaire:

  1. Malgré nos réserves sur les prix des pitas, la pitatin est diablement tentante ! (qui aime bien châtie bien haha).

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