19 septembre 2014

La Maison du Croque Monsieur

Croque Hanté

L'ouverture de leur 2e établissement rue Réaumur nous donne l'occasion de présenter ce palais du Croque


Vous pensiez qu'il n'y avait qu'une seule recette, simple et facile qui ne méritait pas un traitement spécial, alors vous êtes so 20eme siècle! De nos jours on décline et on anoblit. Et pour passer du simple monsieur au statut de roi, il faut faire une cure d'Ancien Régime.


Les tenanciers ont ainsi substitué le vulgaire pain de supermarché à celui du renommé Poujauran. Une sorte de pain de mie de campagne croûté, grillé d'un coté et surtout au levain qui mérite à lui seul le détour. Les grincheux objecterons qu'il a un intense goût de noisette alors que traditionnellement ce n'est pas le cas et qu'il est trop épais mais ces sans culottes n'ont sans doute pas l'esprit assez révolutionnaire.

Pour l'accompagner, la reine mère des sauces, la béchamel du bon vieux Marquis qui lui donna son nom, légèrement parfumée à la muscade. Certaines recettes de la carte l'associent à la moutarde de Dijon, qui a fait son apparition à la table des Ducs de bourgogne. Royal!


Pour les autres ingrédients, vous avez le choix entre les classiques, les "maisons" dont celui du jour, les végétariens et les sucrés, comme ça tout le monde sera content. Notre choix s'est porté sur Mr Henry (7€) présent en formule et le Mr Joaquim de Cuba (8€). La déclinaison de ce projet né à New York n'a donc pas perdu son accent vieille France! En tout cas, la taille est US, on a eu du mal à finir.


A la dégustation, après la surprise du fabuleux pain, on se laisse gagner par une sorte de lassitude monarchique, dû en partie à la douceur des sauces et au manque de saveurs des fromages (Comté ou Emmental). Les cornichons et la moutarde donnent tout de même plus de relief et de force. D’après leur conseil, les saveurs italiennes plus sucrées, ou la version chèvre miel s'accorderaient parfaitement avec ce pain.

On pourra se réveiller grâce à la carte des desserts, en partie maison, dont les cookies de Montessuy, les très bons cafés et thés (Harney & Sons) mais aussi les surprenantes glaces végétales Professor Grunschnabel. Imaginez, des crèmes glacées sans lactose et sans gluten aux mélanges surprenants et gourmands! La Chocolade, au cacao d'Afrique, jus d'orange du Maroc, lait de coco du Vietnam, vanille est onctueuse et fondante.

Glaces végétales chocolade

La déco se veut classe et moderne, grâce à l'habillage du bois noir façon cape. Cependant, l’environnent du Montparnasse et la disposition nous remettent dans le contexte d'une cantine. L'accueil était chaleureux et le personnel impliqué. Il ne nous ont pas baisé les mains ni fait de révérences mais les explications étaient à la hauteur d'une clientèle d'imbuvables aristocrates exigeants et hautains comme nous!


La carte variée, la recherche de bons produits (nouveau pastrami à venir) et la constante évolution nous font espérer des lendemains qui chantent et des bons croques-monsieur pour tous, abordables et nourrissants, que n'auraient pas renier Antoinette. Une amélioration sans révolution.


La Maison du Croque Monsieur
37 Bd du Montparnasse 75006 Paris
Tél: 09 81 90 22 66
http://www.croquemr.fr
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Ouvert en service continu de 9h à 20h
Menu à 9.50€ et 11.50€

11 septembre 2014

Cook Cook

Plutôt 2 fois qu'une!

Rennes accueille désormais un deuxième food truck de qualité qui scelle la rencontre de deux talents de la cuisine régionale en version mobile



Les deux partenaires, Cyril et Vincent qui semblent bien s'entendre et se complètent parfaitement, ont écumé les fourneaux locaux avant de se lancer tête baissée dans cette aventure. Des noms comme l'Arsouille ou l'Entonnoir résonne à l’oreille de tous les gourmets du coin.

Ce qui leur a sans doute permis de rencontrer leurs fournisseurs actuels. Que du beau monde également. Que ce soit le boulanger Hoche qui leur fournit un étonnant pain sans eau, Janzé pour les volailles, la Ferme de la Lande pour le cochon, Bordier pour le beurre les fromages et la crèmerie, les légumes de Bocel et j'en passe. Même l'emballage fait l'objet d'une attention particulière, il est 100% biodégradable.


La carte de burgers simples (6€ seul, +1.5€ avec frites) ou avec cheese, s'étoffe ainsi d'une version du jour astronomiquement gourmande: le "spécial" (9€) nous a émoustillé les papilles avec son steak de veau, burrata et pesto. Bien que la viande soit plus sèche en steak, l'originalité, l'intensité et l'accord des saveurs nous ont complètement séduits.

Il faut dire que toutes les sauces ainsi que les accompagnements sont frais et maisons, du pesto au ketchup amélioré en passant par la mayo, plus complexe qu'elle en a l'air. La viande est un mélange perso de 3 différents morceaux "jus-dicieusement" choisis! Le travail impressionnant se ressent dés les premières bouchées et distinguent leur cuisine.


Le pain, fabriqué sans eau, est plus fin, moins massif et permet d'absorber les sauces. Tout est parfaitement cuisiné, monté, cuit comme il faut. De vrais pros!

D'aussi beaux talents ne pouvaient s’arrêter aux burgers. En dehors du fish & chips, du kebab et du burger végétarien, les plats du jour, généreusement servis, expriment toute la valeur du terme "restaurant itinérant" qui sert parfois de traduction à food truck. Superbe brandade de cabillaud purée maison sur lit de deux pommes qui mêlent acidité et vivacité (8€). Le poisson a dormi dans de beaux draps!


Ou alors le wrap de canard séché, légumes croquants (6€) pour un plat street food un peu plus délicat à manger vu la taille de la garniture. Le coin coin de Cook Cook n'a pas donné son reste, bien enveloppé et surtout pétaradant de piments. Le vol a-t-il du plomb dans l'aile ou un caractère de cochon? Il s'est fait abattre aux couteaux le soir au dîner, à la tombée de la nuit, exhalant les parfums puissants de ses transhumances asiatiques (épices et tout!).



Dessert maison oblige, je n'y suis pas allé de main morte mais en deux temps, trois services. Au final, tout respirait la cuisine et le cran. Le tandem de Cook Cook n'a peur de rien, ni du travail total ni des saveurs puissantes, à l'opposé de leur calme et de leur gentillesse. Encore un plaisir de food truck, la discussion de "faim" de repas avec les chefs qui vous ont eux-mêms servis, pour échanger bruit de passion et histoires de comptoir.


Cook Cook
"Food Truck rennais.
Cuisiniers ambulants en périphérie rennaise le midi en semaine"
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27 août 2014

MG Road

Un iranien dans la ville

MG Road inaugure à Paris les "irani cafés", ces cafés à la mode iranienne à Bombay, en provenance d'Angleterre, à Paris, vous suivez?


Show me the road!

Même s'il s'agit avant tout d'une référence voire d'un revival, le thème a été bien rodé, à Londres notamment chez Dishoom que nous avons eu la chance de tester. On ne sera pas étonné d'apprendre que le chef Manoj Sharma a travaillé chez Cinammon Club. Ainsi que Amaya, un des meilleurs et des plus beaux restaurants indiens londoniens, représentant un type de cuisine peu connu en France. Le pape de ce renouveau culinaire, Vineet Bhatia maître du chef actuel et premier étoilé indien, a d'ailleurs son livre de recettes dédicacé sur l’étagère de l'entrée.


L'idée est de recréer une atmosphère accueillante, un décor propice à un voyage et un moment de détente, comme à l'heure de gloire de ces cafés à Bombay. Une sorte d'Inde des années 40, entre salon de thé, maison d’hôtes et café de quartier. Les moyens français sont plus limités mais Stéphanie de Saint-Simon la propriétaire-décoratrice a mis beaucoup de soin dans la réalisation. Entre le carrelage ancien, les miroirs et vitres décorées, le mobilier et même la vaisselle, tout a été pensé pour évoquer et transporter.

La carte reprend les classiques mais avec une harmonie dans les couleurs et des parfums d'Orient dans les épices. Les plats expriment les orientations de la nouvelle cuisine indienne, plus légère et subtile mais tout aussi parfumée. En compagnie de la toujours joyeuse Anaïs de Parisianavores dont voici l'excellente revue, nous avons pu tester plats, desserts, boisson et accueil vu notre arrivée tardive.


"Onctueux butter chicken curry & riz pullao", 16€ .  Rassurez-vous, la sauce est plus légère qu'il n'y parait. C'est une recette douce et subtile qui laisse la place aux épices (24 au total!). Les légumes croquants apportent de la fraîcheur mais le riz joue son rôle en s'imprégnant du mélange de parfums.



"Bar en feuille de bananier riz parfumé au citron", 18€.  Étonnant montage avec une sorte de farce au milieu du bar pour infuser la chair tendre d'effluves de coriandre, de gingembre et de green chili entre autres.



Le fromage est assorti, c'est-à-dire servi avec fruits & condiments (chutney), que l'on peut retrouver dans la partie épicerie.



"Creme brulée d'indian rice pudding, sucre brun", 6€. Nettement plus crémeux grâce à la semoule de riz, assez puissante (cardamome notamment mais aussi safran et clou de girofle), pas trop sucré.



Avec plus d'appétit et une arrivée moins tardive, on aurait pu prendre des entrées très tentantes (Golgapa des rues d'old Dehli, le poulet tikka ou le Koliwada fish finger), des accompagnements de circonstances (naan & roti du jour, le dal...). Finalement, un des bonnes surprises a été la boisson, le Nimbu Pani (eau "piquante" aromatisée au citron et menthe, 4€) peu sucré et très rafraîchissante, en lieu et place du lassi, des thés Mittal ou du fameux café filtre Malabar Monsoon. Parfait pour passer en mode coffee-shop avec journaux à disposition.


L'épicerie permet d'acheter les chutneys, le thé Mittal, des condiments produits en Inde dont certains par des associations.


Une nouvelle table originale accueillante et reposante dont la formule midi constitue une bonne opportunité, à moins que vous ne préféreriez l'ambiance du soir.


MG Road
205 rue St Martin, 75003 Paris
Tél: 0142760432
http://www.mgroadrestaurant.com/ (recettes sur le site)

Ouvert de 9h à minuit du mardi au samedi. En 2 services pour chaque repas.

Formule midi entrée/plat ou plat/dessert à 19€
Box à emporter (20 au départ), 13€ (végétarien) ou 14€ en refill

25 août 2014

Marcel

Marcel mal aimé

On hésite, on édite, et Marcel, sans punch, sans serre-dents




Au départ, je cherchais une adresse qui serve l'après-midi. C'est toujours une gageure à Paris de trouver du service continu. Les touristes doivent être dépités. En y regardant de plus près, Le resto-cantine Marcel a d'ailleurs les attraits du modèle anglo-saxons, service large et jolie déco, jusqu'aux recettes. Tentant.

Déj à 3 o'clock, à Paris!!!

A la sortie, ce fut une semie déception. Pas la peine de donner à Marcel du champ. L'ambiance est assez sympa, le personnel accueillant et la présentation travaillée. Cependant, le flegme des serveurs et l’assaisonnement archi sucré ont parasité l’expérience.

C'est donc loin d'être une arnaque, plutôt une déconvenue. Accueillir avec le sourire, c'est bien mais ne pas apporter les menus et même s'étonner qu'on les attende, c'est une autre musique. Comme ne pas connaître l'origine des produits. Un jour (rêvons), il n'y a aura pas que les blogueurs et journalistes qui poseront ces questions, les clients aussi voudront savoir ce qu'ils mangent, pour vraiment en évaluer le prix. Logo "fait maison" ou pas.

La salle s'étire entre miroirs et reflets, entre néo-brasserie et ex-atelier. On se sent bien, les banquettes sont accueillantes et confortables. Dés que les (trop?) jeunes serveurs lâchent leur portable ou finissent de rigoler, le service commence, à leur guise.

Salade betteraves
La carte est world wide web, c'est-à dire internationale et dominée par les yankees: entrée de calamari fritti ou de crab cake; sandwich  en bagels, hot-dog ou fish & chips; salade en version Caesar; assiettes de jamon; gâteaux anglais et brunch. C'est large, varié, et bien choisi.

Le sandwich Reuben
Cependant, passé le plaisir de l'esthétique des assiettes, la bouche se resserre à la rencontre d'un chèvre amer (salade betteraves, 13€) ou par l'abondance de sucre dans les sauces, bannissant tout espoir de goût délicat. L'emmental du Reuben (15€) au pastrami AOI (Appellation d'Origine Inconnu) confirmait son infériorité devant le cheddar. Pour le coup, c'est trop US!
 Il reste toutefois la petite épicerie de produits bienvenus. Cela mériterait sans doute une deuxième visite pour approfondir la large carte, c'était peut-être un mauvais jour. D'autant que la citronnade gingembre (5€) était plutôt réussie.

Un Victoria Sponge - plus sponge que victorieux - achevait mon désir de corps gras. Au diable éthique! Trop cher et trop près du paradis du sucré - la rue du Bac - et ses îlots gourmands (Pâtisserie des Rêves, Des Gâteaux et du Pain, Marcolini, Ladurée, Chapon, etc).

Comme on dit en foot, je ne vais pas accabler Marcel de saillies. Chacun se fera son idée et je serais
heureux d'entendre des avis divers cités.


MARCEL
15 rue de Babylone 75007 Paris
Tel: 01 42 22 62 62
M° Sevres-Babylone, Vaneau
Service continu de 10h à 23h, samedi et dimanche de 10h à 19h d'après leur site

Adresse originelle au 1 Villa Léandre 75018 Paris

A emporter, brunch

18 août 2014

IT Trattoria

La nouvelle Italie à Paris


Un nouveau concept de restauration arrive à Paris avec cette trattoria moderne, spacieuse, aux recettes simples préparées en direct.




Apres notre test de Quindici et ses 700m2 en plein Paris en multiples espaces, on test maintenant une nouvelle version de restauration rapide à l'est de la capitale de 300m2! Ce n'est pas vraiment un concurrent mais plutôt une déclinaison moderne de la cantine à l'Italienne. Pour ceux qui sont allés à Londres (notre cas), Berlin, La Défense ou Marseille, la gémellité est frappante avec Vapiano. Ou comment une chaîne distille du frais et de la qualité, l'antagonisme du moment.


Grand espace qui mêle tables d’hôtes à partager et zone plus classique, belle décoration qui met en avant les produits et les différents produits de la carte, un service jeune et une cuisine ouverte. On retrouve également les bippers pour indiquer que votre plat est pret. Des vidéos sont projetés sur les murs, il y a même un coin ipad, les italiens confirment leur talent d’aménageur d'espace (Costa).


C'est un véritable changement dans la mentalité nationale. On le sait, les français préfèrent les petits espaces intimistes, les patrons fort en gueule, le "tradi", "l’authentique" dont chacun a une définition. Ici, c'est la rupture. C'est beau, propre, sympa et moderne!

En y retournant, j'ai pu tester les deux plats phares, la focaccia et les pâtes, ainsi que les boissons qui ont droit à un traitement spécial. Chaque jour, les cuisiniers en paires préparent dans leur machine des pâtes (sans œufs) qu'ils feront cuire à la minute dans un bain automatique au timing parfait et adapté au type de pâte choisie. classe non? Ensuite, ils réaliseront - avec le sourire - la sauce dans une poêle au dernier moment.

Rigatoni all'amatriciana fraîches et jus It Italy
Les pâtes était délicieuses, des Rigatoni all'amatriciana (Olio extra vergine d’oliva ∙ Sauce aux tomates cerises de Sicile ∙ Oignons bio ∙ Pancetta I.G.P. ∙ Pecorino I.G.P. Persil bio ∙ Origan) al dente, bien chaudes, avec une sauce qui avait un bon gout de tomates, enfin. J'ai apprécié le choix entre parmesan et pecorino par dessus.


La focaccia est moins intéressante, à mon gout. Bien que les produits (huile d'olive familiale de Calabre, charcuterie et formages DOP ou IGP) soient bons, le fait que la focaccia soit réchauffé en 2 temps et notamment avec la garniture sèchent le plat et "salent" la viande.

Le dessert garanti maison, un tiramisu fraise était beaucoup trop sucré pour plaire aux gourmets mais au moins il était maison.

Des silos de café! Si haut.
C'est du coté des boissons que cette trattoria tire son épingle du jeu. Le café est soigné, moulu sur place, dans une belle machine propre (la différence!). Et surtout, ils proposent des frozens yogurts et des jus de fruit et légumes bio en cold press, c'est-à-dire sans centrifugeuse qui brûle les vitamines. Ça a un prix, mais pas le même gout. Le responsable des boissons a un passé qui parle pour lui, en France et en Angleterre. Il est très attentif aux approvisionnements d’après la discussion que j'ai eu avec lui. Le IT Italy (pommes, raisin, basilic, raisin) est vif et astringent. Le IT Boost au Kale me tente bien!

De plus, l'adresse est ouverte 7/7 et de 10h à 22h30! Le personnel, très jeune, sur lequel j'ai toujours des a priori, s'est montré enthousiaste, concerné, dynamique, hyper sympa et attentif. Il faut noter le recrutement particulièrement bien mené avec des employés qui ont travaillé, en France ou à l’étranger, dans des concepts équivalents et qui connaissent leur affaire (j'ai pu parler à plusieurs d'entre eux). Ce qui en fait un endroit agréable et étonnant. On pourra même siroter en terrasse, des que l'été aura commencé....


IT Trattoria
125 Avenue de France, 75013 Paris
Tél: 09 84 40 48 14
http://www.it-trattoria.com
Facebook

Trattoria, focaccia, pasta fresca, vino, salumi, antipasti, salume
Ouvert depuis le 6 mai

Pâtes de 9.4€ à 12.9€; salades de 8.4€ à 10.6€; antipasti de 5.5€ à 6.9€; focaccia 5.5€
Bières 4.5 et 5.5 sauf happy hours; cave à vin; jus de 4.9 à 6.50€, expresso con pana 2.5€
Formules petit-déjeuner avec Cornetto!
A emporter (même tarif)
ipad en libre service

11 août 2014

West Corner, créateur de burger

A l'ouest du nouveau

Les morbihannais peuvent désormais se régaler de burgers artisanaux impeccablement réalisés dans un food truck.


Que ce soit au marché de la presqu’île de Quiberon, à Carnac, Vannes, Etel et alentour, les gourmands curieux pourront goûter le travail du courageux Fred. Tout seul dans sa barque, revêtu de sa tenue de cuisinier assortie aux couleurs orange et noir de son véhicule adoré, il envoie du frais, du maison, du quali, et ce, midi et soir!

Le chef est particulièrement attentif aux bons produits. La viande délicieuse vient du boucher. Je l'ai testé en plusieurs cuissons et elle garde son bon gout. Les légumes viennent de maraîchers, malgré les difficultés d'approvisionnement. Le fromage, habituel point faible des burgers à cause du prix, est ici un cheddar affiné 12 mois. Et surtout, le pain ou plutôt les pains sont fait maison à partir de recettes jalousement gardées. Ce qui lui permet d'en  proposer une déclinaison selon les burgers (lin, sésame, courge). Assez briochés et denses, ils donnent une texture moelleuse très agréable.

 

Le Bacon Cheese à la poitrine fumée ou le Californien à l'avocat raviront les amateurs de compositions, notamment grâce à la compotée d'oignons aux vinaigre de cidre. Mais tout le monde se mettra d'accord sur le Croquant qui la remplace par des oignons rouges. C'est celui qui permet de mieux se rendre compte des saveurs et des textures. Il ne manque plus que des sauces maisons pour atteindre la perfection.




Pour accompagner, les frites fraîches du jour maisons sont bien cuites, légèrement épaisses. Au départ, un coleslaw était proposés mais la charge de travail et le succès ont obligés le capitaine à réduire la voilure. Idem pour les desserts. C'est sur qu'il est plus difficile de travailler sans congélo, ni matières pré-transformés!


Les formules s'étayent de 7.90€ à 11.90€ pour la totale, pas cher par rapport aux ingrédients et à la taille. Je vous conseille vivement de passer commande à l'avance vu le succès et la vitesse du bouche à oreille. Inutile de rappeler que l’accueil est à l'avenant. Pour éviter les attrape-touristes du bord de mer avec vue, mettez la bouche en coin de l'ouest!


West Corner
Planning sur le site ou Facebook
Commande

Bacon Cheese : bun aux graines de lin, compoté d'oignons au vinaigre de cidre, steak du boucher, cheddar affiné 12 mois, tomates, pickles aigre-doux.

Californien : bun aux graines de courge, compoté d'oignons, au vinaigre de cidre, steak du boucher, cheddar affiné 12 mois, tomates, avocat, salades Iceberg.

Croquant : bun aux graines de courge, pickles aigre-doux, steak du boucher, cheddar affiné 12 mois, oignons rouges, salades Iceberg.

1 août 2014

Miznon

La Pita punk!


Tordant le coup de fourchette aux codes de la street food bien pensante, Miznon frappe fort en assumant une dérive des continents si loin si proche orientale.




Cette adresse "soeur" d"un succès israélien, marqué par la personnalité affirmée de son chef, Eyal 
Shani, ne s'est pas ouverte dans le Marais pour jouer les touristes. Du contenu au contenant, c'est 
déconcertant. Cela explique grandement les critiques à son égard. 


En salle!


Pas de séduction facile, pas de code établi mais du choc culinaire, de l'expressif en mode franc 
quasi brutal. On aime ou pas. Le service, déjà. Tutoiement de rigueur, carte en forme de tableau 
métaphysique de fac de philo, musique à donf, serveurs amicaux comme des potes,commandes au comptoir, etc...  Une atmosphère de maison de vacances où l'on se sent tout de suite bien. La déco aussi joue dans l'informel. C'est joli sans volonté, malgré le bric à brac, les caisses de légumes frais importés, les tables hautes puis basses. Sans fioritures.

Et dans l'assiette me direz-vous? Ah parce que vous espériez en trouver, vous répondrais-je? De la 
vraie street food se mange avec les doigts, et surtout des pitas. Et là c'est l'explosion: des saveurs
puissantes, des accords majeurs et des cuissons de malade. Je crois que le chef était pyromane avant 
et que la cuisine l'a calmé, mais pas guéri. Comme ses potes au feu, les cuistots qui vous ont souris 
comme des agneaux en entrant. Ne soyez donc pas surpris de manger brûlé (ou quasi). Ainsi le désormais 
célèbre chou fleur à l'huile d'olive "charbonisé" ou la patate douce, enfin douce sur le papier. Du 
papier, vous en aurez justement, pour vous emballez, vous et vos plats. En amateur éclairé et ouvert, 
vous aurez remarqué que les cuissons sont plus complexes qu'il n'y parait (ils se sont savamment pris le chou). Seuls les idéologues s'en offusqueront.


Bourguignon au vert

Végétarien au pesto maison

Une merveille d'agneau dans son pré

Que vous choisissez végétarien ou viande préparez-vous à retrouver du fondant, du moelleux, un alliage 
savant entre frais (les herbes choisies) et confits. Une sorte de gifle d'amour, violente puis 
rassurante. Les saveurs semblent différentes et pourtant pleine de parcelles de patrimoine.fr . La 
pita, plus épaisse et tendre, fonctionne comme un manteau divers, une doudoune de ce qui nous plait.
Le mode d'emploi est finalement assez simple. 


La Bêêête!

Tu décodes la carte sous forme de territoire: des noms poétiques évoquent les produits de la terre, de la mer, tout vert, en pleine ou demie portion, les accompagnements et les douceurs. Un buffet (miznon en hebreu) met à dispo des condiments et des morceaux dudit pain pour tartiner au pif. Puis on donne un prénom pour l'appel de faim.


Pitatin!

En dessert, l'assoce franco-israélienne fonctionne dans la pita tatin. Et pourtant, ça cale, les garnitures étant très généreuses et les morceaux de viandes plurielles.

En y allant 2 fois, pas de déception et même une confirmation. Plaisir et découvertes se mêlent pour 
étonner vos papilles. Un étonnant mélange de dynamite et de miel, à manipuler avec les doigts, sans se 
brûler. Des pitas de cette qualité, ça se refuse pas.


MIZNON
22 rue des Ecouffes 75004 Paris
M° St Paul, Hôtel de Ville
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Tel: 01 42 74 83 58

Ouvert de 11h à 23h. Fermé vendredi soir et samedi

Pita de 3€ à 11.50€ en salé, 3.50€ en sucré.