22 octobre 2014

Emile & Jules, pain & brioches de la ferme

Du champ au fournil

Une nouvelle boulangerie vient d'ouvrir dans le XVIIe par une famille de céréaliers engagés




Ce n'est pas surréaliste, malgré le titre, mais la famille Winocour a manifestement un grain dans la tête. Mais le bon, pas l'ivraie. Ces agriculteurs, plus gentleman-farmers que paysans du Larzarc, viennent d'installer un point de vente tout près de la rue de Levis. On y trouvera la quintessence de leur savoir faire puisqu’ils contrôlent toute la chaîne, de la graine jusqu'à la cuisson, meunerie (sur meule de pierre) comprise!


L'Oreiller et l’Épi, respectivement le pain et la baguette en farine semi-complète sont déclinés en différentes formes et saveurs (graine, figue, noix, pavot, etc) après un long travail de recherche. Plusieurs variétés de blé rustiques et anciennes sont cultivées dans leur ferme des Yvelines pour en sélectionner les meilleures et constituer le mélange parfait. Entre père et fils, les tâches sont distribuées.

Et cette trinité sort un produit sacrément impressionnant! On est d'abord frappé par le parfum de noisette, accentué par une fermentation lente sans doute. Le levain maison vient apporter de la tenue et de la conservation, sans acidité. La cuisson légère donne une croûte fine et ambrée, qui recouvre une mie dense (différente selon les produits). Le tout est assez raffinée et doux. Je me demande ce que donnerait le pain (pas la baguette) avec une cuisson plus poussée.

Une brioche bien joufflue!

Les brioches gardent également cette texture plus sèches et peu grasse tout en étant bien levées. C'est la farine qui est la reine et qui donne le ton, même dans la version chocolat.

Pour les becs sucrés, il y a des viennoiseries d'ami mais surtout 2 tartes maisons par jour (plus une tarte sucrée) dont une excellente aux pommes: une sorte de pâte brisée ferme et craquante, un bon goût de pomme et de beurre.


Les sandwichs sont tout aussi soignés: juste ce qu'il faut de beurre Beillevaire, du jambon au torchon ou du thon ou de la viande des Grisons associés à du fromage, des olives, etc... . Les 2 formules sont d'ailleurs bon marché.

Dans la partie épicerie, les jus de fruits (pommes ou poires son excellents, long en bouche, sensation de fruit mur et frais) font bonne impression comme le miel, les biscuits Les 2 Gourmands dont on vous a déjà parlé et d'autres bonnes choses encore qui fleurent bon le produit artisanal local.



Une affaire de famille qui tourne bien, des produits simples aux saveurs franches et naturelles et surtout très typées. On a l'impression, grâce à eux, de retrouver le vrai goût du blé qui n'est autre que celui qu'ils ont choisi.




Émile & Jules
18 rue de la Terrasse 75017 PARIS
Tél. : 01 73 75 67 44

Boutique ouverte du lundi au vendredi de 7h à 20h30 et le samedi de 8h à 20h

Formules à partir de 6.50€

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Twitter : @Emile_et_Jules

15 octobre 2014

Les créations de Nöel d'Un Dimanche à Paris

On bûche!

Récit et ressenti lors de la présentation des produits de Noël et de saison de la célèbre adresse du VIeme entièrement dédiée au chocolat.



Comme vous le savez, la pâtisserie a adopté les rythmes de la mode, avec ses saisons et son calendrier. Les grandes maisons font ainsi découvrir la carte de l'hiver en plein été. On ne s'en plaindra pas. C'est donc avec plaisir que j'ai répondu à leur invitation de la rentrée.

Quel intérêt, me direz vous? En fait, ils sont multiples. Rencontrer les créateurs, ceux qui fabriquent, et échanger avec eux; goûter, avec toute les explications nécessaires à une dégustation intelligente. L’expérience fut riche et intéressante. Cependant, je me demande comment font ceux qui les enchaînent, heure après heure!

La démarche avait un sens après mon post (il y a trop longtemps) sur cette maison et la découverte de Quentin Bailly, le talentueux pâtissier de l'époque. Cela m'a permis d'échanger avec Pierre Cluizel - le créateur de ce concept store -  autour du monde du chocolat en pleine ébullition - ou fusion vu la délicatesse de la matière! Je rappelle qu'Un Dimanche à Paris est l'oeuvre de cet expert en fèves de cacao, (qui mérite sa couronne) dédié à l'univers du chocolat sous toutes ses formes. Outre la boutique qui vend pâtisseries, tablettes, bonbons, chocolat chaud au comptoir, pâte à tartiner, glaces et même des ustensiles; le lieu possède également un restaurant, un bar, un atelier de cuisine et une salle de réunion afin de déguster au mieux les accords imaginables entre le chocolat et les plats ou les boissons.

Au commande du labo, le chef patissier Nicolas Bacheyre, un passionné de sucré qui a commencé très tôt dans la boutique familiale avant d'exercer en compagnie de prestigieux formateurs maintes fois primés. D’après ce que j'ai goûté, son style affiche un goût pour les textures originales, les arômes puissants et les défis tecniques. En accord avec Pierre Cluizel, il s'efforce de trouver des associations sublimant le cacao.

Pour les fêtes de fin d'année le thème choisi est Un Noël en forêt. Parmi les 7 produits s'y rapportant, j'ai noté:



Bûche "Blanche Exotique"



Ganache montée en fromage blanc vanillé, confit de cubes de mangue et kalamansi, feuilletine croustillante au coco & biscuit Joconde moelleux recouvert de noix de coco râpée, de copeaux de coco fraîche et de bulles de mangues coulantes.
Une pure gourmandise qui s'étend sur tout la palette des saveurs avec de l'acidité, du fruité, de l'exotique, du sucré, etc. C'est une sorte de crème très douce et fondante qui rafraîchit le palais et dépose un parfum fleuri. Ideal en fin de repas chargé. Les morceaux de mangues et la feuillantine évite le côté trop mou en donnant de la matière. Le montage est beau et impressionnant, donnant la sensation de vrai bois. Attention de ne pas la glisser dans la cheminée.


Bûche "Écorce de chocolat"



Mousse au chocolat boisé aux épices de Noël, crémeux mandarine & cardamome verte. Streuzel cacao et fleur de sel, enrobée de bouleau en chocolat.
Un incroyable morceau de bois dans votre assiette, et d'ailleurs, il y a vraiment beaucoup de bouleau pour en arriver là! Le biscuit, à l'aspect charbonneux, apporte du croquant, voire du solide qui contraste avec la mousse parfumée aux épices de saison. On ne dévoilera pas la recette pour donner ce goût de pin; après tout, Noel c'est aussi du mystère.


Bûche Lactée Caramel Noisettes



Dacquoise noisette & éclats de noisettes du Piémont, caramel tendre. Ganache montée au chocolat au lait 40%. Chantilly noisette recouverte d'un fin velours et de copeaux de chocolat au lait & billes de noisettes coulantes.
Une sorte de volcan de caramel rehaussée de noisettes. Pas du tout écœurante. Un classique de la maison que l'on doit à Q.Bailly et qui est revisité chaque année.

Il y avait aussi Le Sapin (mousse chocolat au lait 50%, crémeux vanille, pain de Gêne cacao & ganache tendre au Gianduja. Enrobage fin de chocolat sur sablé breton) en forme de poire (!); Le Mont Blanc; une Couronne de Noël aux fruits confits à partager et la Galette du roi (Feuilletage inversé garni d'une crème d'amande et noisettes, confit acidulé et crème de citron) que je n'ai malheureusement pas pu goûter. La référence au Roi Soleil est immédiate et la réalisation ingénieuse.

Illusion!

Et ce n'est pas fini! La maison présentait également "Ses emblématiques", les productions de saison.


Apres un Kir Royal à la liqueur de cacao en accord parfait, j'ai pu enchaîner avec leur fameux Foie gras au grué de cacao, poires confites au Maury. Ces dernières donnant l'originalité à une association plus connue qui fonctionne parfaitement. Il n'était pas seul mais soutenu par un pain aux épices.
Une rapide dégustation, le temps d'un Éclair cacao 85% pâte à chou au grué équilibré et dense m'a mené à un autre plaisir furtif mais intense, la Tarte de saison du mois (septembre*) sans gluten figues et lavande (pâte sablée noisettes, confit de figues, ganache montée lavande, figues fraîches de Solliès, Demi-noisettes torréfiées du Piémont, pousses de coriandre). Le montage est ravissant, il donne une apparence de finesse et de légèreté que l'on retrouve en bouche. Toujours aussi peu sucré, cette pâtisserie était moins gourmande que l'intitulé toutefois.


Une bien belle journée, un mardi à Paris, dans une maison qui respire la passion et l'amour du travail gourmand.


*La Tartelette du Mois d'octobre: La Poire Poivrée façon Amandine

Un Dimanche à Paris
4-6-8 cour du commerce Saint André 75006 Paris
Tél: 01 56 81 18 18
www.un-dimanche-a-paris.com
Ouvert tous les jours

7 octobre 2014

Yard

A cour ou à jardin

Pour évacuer une nostalgie trop prenante des ambiances londoniennes, une petite cour vous attend à quelques yard du centre de Paris, cachant un petit bistrot "so charming "




Après une orgie de street food du à l'actualité, nous avons effectué une petite digression dans un bistrot parisien aux accents toniques et légèrement british. Pas loin de notre 2eme pôle, Londres mais plus près. Si loin, si proche...

Du coup, c'est encore un restaurant qui ne plaira pas à tout le monde: des plats originaux, des associations typiques anglo-saxonnes, c'est-à-dire sans qui vont chercher à l’international, des cuissons marquées, de l'acidité, un cadre moderne et des quantités de gourmet.


Il faut dire que le menu midi est à 18€, entrée, plat et dessert. Uniquement en produit frais de qualité et régulièrement renouvelé. Peu de risque d'ennui donc. Pour ceux qui connaissaient déjà, le chef a changé, et affiche dorénavant une vraie carte d'identité Commonwealth, tout proche aussi puisque Shaun Kelly est Australien. Ceci explique cela. Avec une proprio franco-américaine, ils doivent se comprendre.


L'inspiration cherche aussi du coté de la tradition parisienne, sans doute grâce au passé du chef, car pour arriver ici, il est allé Au Passage. L’Italie est présente également, notamment par des vins finement choisis, l'autre corde à leur arc.



Dans une salle chaleureuse à l'indéniable cachet british (il y a une cheminée pour l'hiver), sise dans une ruelle calme, bordée de tentations culinaires, on regarde l’ardoise en priant pour que le plat qu'on choisi soit dispo. Les cuisiniers sont à l'oeuvre sur le pass (la cuisine est dans l'autre pièce). Aidé par un service actif et informé, on découvre.


Crème de chou-fleur


Un potage "à l'anglaise", épais, "aux petits oignons" (au sens propre et au figuré) mais doux et subtil avec ses copeaux de vanille séchée. Sans crème mais allongé au lait pour la douceur. Une caresse.

Bavette au raifort, petits radis


Une viande fondante et bien saisie aux petits légumes (un sens) mi cuits et une sauce qui relève bien. Plus étonnant pour ce genre de resto, une cuisson différente de la demande.


Raie gremolata



Le poisson était hyper frais donc tendre aux accents du sud (sans les câpres) avec une gremolata façon "crumble" maison frais et parfumée qui s'associe parfaitement avec le poisson. La purée était bonne mais frustrante avec ses allures de condiments.

Figues ricotta maison



La figue de saison était impeccable, il manquait juste un peu de miel pour la gourmandise et une autre figue pour la solitude. La ricotta avait enfin du goût, parfaitement  accompagnée par une meringue légère.

Ganache chocolat


Le dessert qui tue, un crémeux en forme d'arme de destruction massive de régimes avec une pointe d'huile d'olive pour achever le tout. Le gras, c'est la vie, mais c'est bien de mettre un peu de sel aussi. Dangereux tout seul, prévoyez des renforts.

Les vins conseillés étaient en accord, comme l'ambiance, cool et détendu.


En conclusion, un bon bistrot de quartier qui tente de se frayer un chemin entre gourmandise et originalité, avec parfois quelques imprécisions, dont on attend avec impatience l'ouverture prévu le mois prochain d'un espace à tapas dans la salle attenante.



Yard
6 rue de Mont Louis 75011 Paris
Tél: 01 40 09 70 30

Fermé les samedi, dimanche et lundi soir.
Formules midi 15-18 €, le soir à la carte 25-35 €
Avec de horaires anglais jusqu'à 14h30 voire 15h le midi

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1 octobre 2014

Pizzeria dei Cioppi

Ciappo!

Après la claque qu'on avait pris dans leur Ier établissement, le Caffè dei Cioppi, c'est maintenant une tarte, bien cuite, que nous avons dégusté, dans leur nouvelle annexe dédiée à la pizza al taglio.




C'est à croire que tout se fait à deux chez les Cioppi! Le couple transalpin a déjà connu un double succès d'estime et d'audience avec leur micro restaurant familial à la cuisine maison personnelle et intense. En multipliant le mètre carré par 2, le chef Fabricio, s'est offert un nouveau terrain de jeu, à 2 pas, pour exprimer son amour des produits "pure origine" Italie. Manifestement, ça le bottait.

Il s'est donc installé en lieu et place de 40x60, qui sortait déjà les pizze dans le format du même nom. Une affaire de chiffre. Bon calcul de sa part, puisque le résultat est exponentiellement égal au plaisir ressentie. Et c'est rue Trousseau qu'il a trouvé la clé.


La parité est tout aussi respectée puisque sa compagne veille maintenant au grain en mettant la main à une pâte du jour maison comme ils l'ont toujours fait. Pas de recette dictée ou de principe régional (romaine ou napolitaine) mais des souvenirs et des envies qui respirent l'enfance et le vécu. La chef étant pâtissière, la tarte du jour respirait le beurre et le fondant. Aidée par Diego, le fidèle complice, ils cuisent à la plaque des pizzas plus épaisses mais très aérienne réalisées avec de bons produits et généreusement garnies.

A la ricotta de brebis qui ne pas fondre que le fromage

Quelle pâte, ces italiens!

La carte était si alléchante que le choix a été coriace: pizza à a la saucisse n'duja, ricotta de brebis de dingo et sauce tomate savoureuse (Calabrese); tarte garnie de (beaucoup) de bons légumes et croustillante accompagnée de roquette. On aurait pu choisir une margherita, une rossa (anchois), une scarmoza (fumée) ou bien une caponata, une salade, une focaccia (posée mais non imposée, sans même demander, on vous propose de changer les ingrédients), deux salades...


Pour accompagner tout ça, de joli vins italiens et une limonata Portofino qui rafraîchit. Les bières artisanales de la péninsule nous faisaient également de l’œil, tout comme le limoncello bio. Parfait pour préparer le terrain à une mine d'or: une tarte aux noisettes crémeuse et explosive en bouche.

Dans cette petite salle simple qui fait penser à un café de quartier, on se sent proche et bien, comme des voisins. Et on rêve d'habiter à 2 pas...de deux....bonnes adresses.


Pizzeria dei Cioppi
44, rue Trousseau, 75011 Paris
Tél.: 09 84 48 14 58
5 à 7€ la part
Ouvert de 12h à 14h30 et de 19h à 22h. Fermé dimanche & lundi.

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Lien vers notre article sur Cafffè dei Cioppi

29 septembre 2014

Les marmelades Oorain

Flagrants délits fruités

Marie-Françoise Rol met toute son âme et son savoir faire dans la fabrication de marmelade au pur fruit frais dont une douce framboise de saison



En digne descendante d'un ancêtre sucrier engagé, Marie Françoise a choisi de concocter avec amour et de manière artisanale des préparations aux fruits sélectionnés pour leur fraîcheur et leur maturité dans le respect du goût et de la nature.

Je connaissais déjà la qualité de son sirop d’Érable vendu gradé (plus ou moins intense) et malheureusement arrêté. J'ai enfin pu goûté à ses terribles "délits fruités. Leur faible présence en sucre (35% env), due à un procédé de cuisson "à froid" (macération) suivi d'une cuisson longue, ne peut prétendre à l'appellation de confiture et c'est tant mieux! L'intensité aromatique et l'impression de retrouver le fruit entier sont ainsi exacerbés. On peut s'interroger sur le bien fondé du taux légal de sucre dans une confiture, qui correspondait à un besoin de conservation dans le passé. La texture s'en trouve transformée, plus liquide et donc moins gélatineuse. La longueur en bouche se trouve enrichie d'une adjonction d'épices maison.


Il faut dire que MF se fournit en direct, c'est-à-dire à partir de sa propre cueillette (pour une partie) en région parisienne ou dans le vergers familiale ou bien auprès de petits producteurs locaux (Mara des Bois du Périgord cultivée plein champ en été - Tomate Rouge Cornue des Andes en Août - Figue Violette de Solliès en Novembre - Orange Sanguine Moro de Sicile Février). Aussitôt cueilli, aussitôt cuit! En chaudron magique de cuivre cela va de soi, et dans son propre atelier. Inutile de préciser qu'elles sont naturelles, sans colorants, ni conservateurs, ni gélifiant. Un livret accompagne ces productions délicates et parfois complexes (le citron) pour donner des idées d'utilisation en cuisine. Pour l'intensité de la Mara AOC, un jeune Brie ou du Brillat-Savarin.


Quelques secondes de discussion ont suffit pour ressentir l'envie et la passion. Et pour comprendre également l’ascèse du confiturier, précis et rigoureux. Recueilli en somme...Mais Marie-Françoise aime aussi la cuisine et le partage, plus extatique. Elle anime ainsi des journées découvertes pour apprendre à créer du plaisir gourmand, du marché au dressage de table. La gamme s’étend ainsi au café de terroirs, à la pâte à tartiner bio sans lait (à retester car nouvelle recette), au poivre et épices à l’érable.


Oorain c'est aussi un univers, dirigé par Olivier Orain, notamment en ce qui concerne l'identité visuelle et la création. Le côté vintage donne du charme et le sentiment d'une tradition incarnée.

Certes, les produits sont plutôt haut de gamme mais je pense qu'il faut saluer le courage et la volonté de ceux qui favorisent le travail artisanal de qualité. Bref, la démarche autant que le résultat.


Délit fruité
Pot de 370gr, 7.50€

Site internet
Facebook

A la Grande Épicerie sur Paris ou sur internet.

19 septembre 2014

La Maison du Croque Monsieur

Croque Hanté

L'ouverture de leur 2e établissement rue Réaumur nous donne l'occasion de présenter ce palais du Croque


Vous pensiez qu'il n'y avait qu'une seule recette, simple et facile qui ne méritait pas un traitement spécial, alors vous êtes so 20eme siècle! De nos jours on décline et on anoblit. Et pour passer du simple monsieur au statut de roi, il faut faire une cure d'Ancien Régime.


Les tenanciers ont ainsi substitué le vulgaire pain de supermarché à celui du renommé Poujauran. Une sorte de pain de mie de campagne croûté, grillé d'un coté et surtout au levain qui mérite à lui seul le détour. Les grincheux objecterons qu'il a un intense goût de noisette alors que traditionnellement ce n'est pas le cas et qu'il est trop épais mais ces sans culottes n'ont sans doute pas l'esprit assez révolutionnaire.

Pour l'accompagner, la reine mère des sauces, la béchamel du bon vieux Marquis qui lui donna son nom, légèrement parfumée à la muscade. Certaines recettes de la carte l'associent à la moutarde de Dijon, qui a fait son apparition à la table des Ducs de bourgogne. Royal!


Pour les autres ingrédients, vous avez le choix entre les classiques, les "maisons" dont celui du jour, les végétariens et les sucrés, comme ça tout le monde sera content. Notre choix s'est porté sur Mr Henry (7€) présent en formule et le Mr Joaquim de Cuba (8€). La déclinaison de ce projet né à New York n'a donc pas perdu son accent vieille France! En tout cas, la taille est US, on a eu du mal à finir.


A la dégustation, après la surprise du fabuleux pain, on se laisse gagner par une sorte de lassitude monarchique, dû en partie à la douceur des sauces et au manque de saveurs des fromages (Comté ou Emmental). Les cornichons et la moutarde donnent tout de même plus de relief et de force. D’après leur conseil, les saveurs italiennes plus sucrées, ou la version chèvre miel s'accorderaient parfaitement avec ce pain. La taille des tranches fait pencher la recette vers un sandwich chaud plutôt qu'un croque au fromage gratiné.


On pourra se réveiller grâce à la carte des desserts, en partie maison, dont les cookies de Montessuy, les très bons cafés et thés (Harney & Sons) mais aussi les surprenantes glaces végétales Professor Grunschnabel. Imaginez, des crèmes glacées sans lactose et sans gluten aux mélanges surprenants et gourmands! La Chocolade, au cacao d'Afrique, jus d'orange du Maroc, lait de coco du Vietnam, vanille est onctueuse et fondante.

Glaces végétales chocolade

La déco se veut classe et moderne, grâce à l'habillage du bois noir façon cape. Cependant, l’environnent du Montparnasse et la disposition nous remettent dans le contexte d'une cantine. L'accueil était chaleureux et le personnel impliqué. Il ne nous ont pas baisé les mains ni fait de révérences mais les explications étaient à la hauteur d'une clientèle d'imbuvables aristocrates exigeants et hautains comme nous!


La carte variée, la recherche de bons produits (nouveau pastrami à venir) et la constante évolution nous font espérer des lendemains qui chantent et des bons croques-monsieur pour tous, abordables et nourrissants, que n'auraient pas renier Antoinette. Une amélioration sans révolution.


La Maison du Croque Monsieur
37 Bd du Montparnasse 75006 Paris
Tél: 09 81 90 22 66
http://www.croquemr.fr
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Ouvert en service continu de 9h à 20h
Menu à 9.50€ et 11.50€

11 septembre 2014

Cook Cook

Plutôt 2 fois qu'une!

Rennes accueille désormais un deuxième food truck de qualité qui scelle la rencontre de deux talents de la cuisine régionale en version mobile



Les deux partenaires, Cyril et Vincent qui semblent bien s'entendre et se complètent parfaitement, ont écumé les fourneaux locaux avant de se lancer tête baissée dans cette aventure. Des noms comme l'Arsouille ou l'Entonnoir résonne à l’oreille de tous les gourmets du coin.

Ce qui leur a sans doute permis de rencontrer leurs fournisseurs actuels. Que du beau monde également. Que ce soit le boulanger Hoche qui leur fournit un étonnant pain sans eau, Janzé pour les volailles, la Ferme de la Lande pour le cochon, Bordier pour le beurre les fromages et la crèmerie, les légumes de Bocel et j'en passe. Même l'emballage fait l'objet d'une attention particulière, il est 100% biodégradable.


La carte de burgers simples (6€ seul, +1.5€ avec frites) ou avec cheese, s'étoffe ainsi d'une version du jour astronomiquement gourmande: le "spécial" (9€) nous a émoustillé les papilles avec son steak de veau, burrata et pesto. Bien que la viande soit plus sèche en steak, l'originalité, l'intensité et l'accord des saveurs nous ont complètement séduits.

Il faut dire que toutes les sauces ainsi que les accompagnements sont frais et maisons, du pesto au ketchup amélioré en passant par la mayo, plus complexe qu'elle en a l'air. La viande est un mélange perso de 3 différents morceaux "jus-dicieusement" choisis! Le travail impressionnant se ressent dés les premières bouchées et distinguent leur cuisine.


Le pain, fabriqué sans eau, est plus fin, moins massif et permet d'absorber les sauces. Tout est parfaitement cuisiné, monté, cuit comme il faut. De vrais pros!

D'aussi beaux talents ne pouvaient s’arrêter aux burgers. En dehors du fish & chips, du kebab et du burger végétarien, les plats du jour, généreusement servis, expriment toute la valeur du terme "restaurant itinérant" qui sert parfois de traduction à food truck. Superbe brandade de cabillaud purée maison sur lit de deux pommes qui mêlent acidité et vivacité (8€). Le poisson a dormi dans de beaux draps!


Ou alors le wrap de canard séché, légumes croquants (6€) pour un plat street food un peu plus délicat à manger vu la taille de la garniture. Le coin coin de Cook Cook n'a pas donné son reste, bien enveloppé et surtout pétaradant de piments. Le vol a-t-il du plomb dans l'aile ou un caractère de cochon? Il s'est fait abattre aux couteaux le soir au dîner, à la tombée de la nuit, exhalant les parfums puissants de ses transhumances asiatiques (épices et tout!).



Dessert maison oblige, je n'y suis pas allé de main morte mais en deux temps, trois services. Au final, tout respirait la cuisine et le cran. Le tandem de Cook Cook n'a peur de rien, ni du travail total ni des saveurs puissantes, à l'opposé de leur calme et de leur gentillesse. Encore un plaisir de food truck, la discussion de "faim" de repas avec les chefs qui vous ont eux-mêms servis, pour échanger bruit de passion et histoires de comptoir.


Cook Cook
"Food Truck rennais.
Cuisiniers ambulants en périphérie rennaise le midi en semaine"
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