13 novembre 2014

Boulettes

Rondement mené!

Tout le monde fait des boulettes mais elles ne sont pas toutes bonnes. Voici un lieu qui la maîtrise plutôt bien


La boulette, c'est tout un symbole: un plat traditionnel, ancien, familial, international qui fait son entrée dans la carte des restaurants et tente une percée "gastronomique". A l'image de la street food qui s’anoblit et se démocratise à la fois. Il y a ceux qui seront tentés et ceux qui ne l'accepteront pas.



En tout cas, c'est bien la démarche de cette petite cantine chaleureuse du centre de Paris. Un chef, Kevin Austruy, et son équipe, vous sert des combinaisons de viande/poissons/légumes sélectionnés associées à des sauces maisons et des accompagnements. Le tout préparé en frais le matin même sans congélo ou micro-onde. Les 5 boulettes (2 viandes de race, 1 poisson, 1 légume) par jour, sont cuites au four pour limiter le gras et sont un peu plus sèche. Le choix est large aussi avec les 5 accompagnements en cocottes!



Les recettes étaient d'ailleurs de qualité, plutôt élaborées et complexes, bien agrémentées en épices et aromates et originales; les légumes et accompagnements intéressants avec toutefois quelques point plus négatifs comme le service dans un bol en carton ou tout est mélangé (la sauce d'un plat sur un autre) et la température (froid pour nous mais on nous a proposé de nous refaire les assiettes).




En détail:
Passé le couloir, on tombe direct sur le comptoir à délices et ses bain-maries. On s'aperçoit qu'il va falloir batailler pour trouver une place. Le temps de lire le tableau et de comprendre le principe, c'est à vous de décider: plat, boissons parmi vins natures, bières artisanales, soda moderne ou café de Coutume. Puis on s'assoie et de véritables serveuses en chair et en os vous accompagnent. A noter l'existence de services le soir certains jours dans des assiettes sur les tables duo, dans le coin banquette ou en sous-sol. A tester. Comme le sandwich, pain ciabatta à la farine de seigle, aubergines grillées, roquette et 4 boulettes. Voire le petit-déjeuner (expresso/quatre-quarts/jus pressé) à 9€.

Pour mieux vous servir, on a commandé tous les plats en un (ce qui explique le côté guerre de 14 dans l'assiette) sauf le poisson qui n'était pas venu ce jour-là (pas de grève mais problème de livraison).




Boeuf charolais, béarnaise
Agneau de Bellac au thym ou romarin selon tableau
Poulet Fr, colombo, lait de coco, poivrons, noix de cajou
Poulet Fr, sauce satay, amandes grillées, coriandre
Légumes: aubergines, compotée de tomates, crottin de Chavignol, pignon, estragon

En cocottes les cocos!

Accompagnements:
Purée de pommes de terre/sel de guérande; Chou vert étuvée au thym; Purée de céleri, Pousses d'épinard/balsamique; Risotto Arborio aux champignons de Paris

Appétissant, figurez-vous...

Tarte aux figues/amandes, gourmandes façon c'est moi qui l'ai fait!

Super concept qui permet de manger des plats de resto de manière assez rapide avec une qualité extra et de très bons produits mais qui souffre du mal parisien, un trop petit espace.


Boulettes
179 rue St Denis 75002 Paris
01 42 21 46 44
boulettesrestaurant.fr

Lund, Mardi et Mercredi 8h30 à 16h30
Jeudi et Vendredi 8h30 à 22h30
Samedi 9H30 à 17H30

Plats à 11.50€; Sandwich 9€; Desserts 4.50€
Expresso 2.50€

5 novembre 2014

Mûre

Mûre en ville

Derrière ce mur se cache la nouvelle adresse nature en plein coeur du Paris qui travaille mange et retravaille




Alors que les hordes de salariés s'élancent à 13h pétantes sur les sandwichs plus ou moins frais des nombreuses adresses du quartier, une petit bataillon tente de les accueillir dans leur camp retranché protégé par des murs de salades composées, de pizza/focaccia maisons, de plat du jour tout juste sorti du four.

La joyeuse compagnie, dirigé par un chef pro sous la supervision du patron voyageur, alimente en munitions explosives les bérets "green" ou verts. Car en effet, y a du frais, du bio et du maison comme le Kefir de fruit (citron/figue/gingembre), le Kombucha (hibiscus/menthe), les sauces et les desserts! Ils ont même commencé en faisant le pain mais cela prenait trop de temps et d'espace.


Dans un esprit à la Ottolenghi à Londres, cette cantine chaleureuse dans la déco et dans l'accueil, propose une formule gagnante/gagnante. Pour votre corps, grâce à la fraîcheur des produits souvent bio, aux recettes riches en ingrédients nourrissants; et pour votre porte-monnaie grâce à des tarifs très abordables. Les prix vont de 3.70€ (soupes, sandwich, salades & desserts en entrée) à 7.10€ (plat ou les Iers en version plat). Les clients armés de ticket resto vont adorer les formules encore plus éco!

Les ingrédients et les saveurs sont multiples et s'accordent bien, dans un esprit anglo-saxon avec du vinaigré, du sucré et un peu d'épices. Les légumes sont peu cuits pour préserver leur nutriment et apporter du croquant, et les sauces sont légères. Trop? oui pour moi, non pour l'autre tasters. J'aurais préféré que les légumes "rotis" le soit plus et que les sauces soient plus présentes. Cela dépendra de votre amour des légumes, plutôt nature ou plutôt confits.

En test, on a ratissé large dans le menu-miroir (ça change du tableau). D'autant qu'on peut combiner et même panacher:


Velouté végétalien (sans lait) betterave
Onctueux et gourmand, parfumé aux épices

Salade Crudités Etc (carottes, betterave, chou rouge mariné aux baies roses, menthe, orge perlé, )
Légumes croquants avec peu d'orge pour les céréales.
Salade Farfalines (carottes, brocolis, chou rave, sauce vinaigre balsamique, persil, sauge, cajou)
Salade Chou endives courges carottes (amandes torréfiées, coriandre, vinaigrette aux agrumes)


Sandwich Focaccia légumes rôtis (crème de chèvre aux herbes, tomme de brebis, noix de cajou)
Le bon fromage donne beaucoup au "dwich", dommage que le pain ne soit pas toasté.

En dessert, parmi les clafoutis, gâteaux, Fontainebleau, muffin, salade de fruits on a choisi le yaourt maison à la compotée de poires et les madeleines sans gluten. Quel boulot! Délicieuse compotée et madeleines fondantes et denses au bon goût d'amande, proche d'un financier.


Préparez le combat si vous arrivez à midi, ne tardez pas ou faites le coup du "Georges Clooney is outside" pour trouver une place libre à table, sur les tabourets hauts ou le canapé. Les fumeurs seront privilégiés en terrasse...en hiver.

Et franchissez le mur du frais, beau et bien présenté pour un petit-déjeuner, un déjeuner sain ou un goûter gourmand.


MÛRE
6 rue Saint Marc 75002 Paris

Du lundi au vendredi de 8h à 17h, le samedi de 11h à 17h
Du petit déj au goûter

A emporter
Expresso Lomi à 2€ seulement!

28 octobre 2014

"La Pâtisserie des Rêves & Friends" au BHV Marais

Rose bonbon

Ce n'est pas le nom de la compil de Noël mais la dernière inspiration du génie de la pâtisserie, Philippe Conticini, qui a décidé d'inviter des chefs à composer des recettes selon leur souvenir d'enfance dans un boudoir rose


Crédits photo BHV

Le mage ne cesse de partager sa relation affective avec la gourmandise en multipliant les projets et les apparitions. La dernière en date est en forme de bonbon, avec les couleurs de l'enfance, dans le nouveau BHV Marais. Après des années de travaux digne d'un transformiste, l’institution BHV est en train d'achever sa mutation vers le XXIe siècle, celui de la consommation soluble dans le design et du story vending.


Mais la Pâtisserie des Rêves sera toujours la Pâtisserie des Rêves, même dans un édifice commercial. Le Bazar a mis de l'ordre dans les rayons: l'étage dédié aux arts de la table est assez joli et bien fourni. Outre des démonstrations dans des ateliers-cuisine, après le rayon robot, fouets et livres, se love le salon de thé-cantine du Wizzard. Et il tient la dragée haute!

Le "client" distrait se trouve immédiatement attiré voire happé par les couleurs et les formes arrondies. Que ce soit les banquettes, les boites à gâteaux, le néon ou le Paris-Brest, tout tourne rond. Les larges fenêtres donne de la lumière sur les créations, et le soir, les néons donnent une ambiance de cocon.
"L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
avec des cousins bleues" annonçait déjà Rimbaud dans Rêvé pour l'hiver...


Passée l'émotion vient l'excitation. Entre souvenir d'enfance (chaque recette a droit à son histoire, à son récit autobiographique sur le menu) et création. Le magicien expose ici les secrets: au centre du salon, les cuisiniers assemblent ensemble et à vue les recettes des amis. Des salades légères et subtils, des panini pas gnangnan, des sandwich de bon goût, des infusions roses ... et des desserts:


Alexandre Morin et sa Salade "rusée" pois vert et pois rouge, (salade de mâche, petit pois al dente, feta, pickles d'oignons rouges et fraises, croquant de quinoa cuit au four, vinaigrette à la cosse de pois infusée à l'eau pétillante). "Rusée" car censée faire aimer les légumes verts à ceux qui les fuient, d'ou la fraise! C'est très subtil et léger en bouche (peu de gras), parcimonieux mais surprenant.



Ou encore Le Panini Elsa par Elsa Marie (version végétarienne: carottes rôties et crues, mimolette vieille de 12 mois, vinaigrette au miel et roquette) qui reprend une astuce de sa mère pour faire "passé" les carottes en les rôtissant. Une gourmandise au pain bien ferme donne un accord saisissant entre carotte et fromage. La vinaigrette distille encore une délicate sensation de légèreté et de mystère.

Parmi les "souvenirs" du moment, Le Sandwich Pata Negra par Hervé Rodriguez, Le Pane cunzatsu...un jardin, en été, en Sicile par Rosa Vanina, la Salade "Mon Sud" par Simone Tondo à la burrata, La salad de Gambas "verde" par Cedric Nieuvarts ou le panini John par John Casu vous auraient peut-être plus tenté.

Alors certes, les quantités sont celles d'un gourmet qui vient pour goûter (les autres pourront aller au McAdo en bas), les tarifs ceux d'un lord, mais pour les fans dont nous faisons partie, la potion passe bien.


Pour accompagner, une Infusion fraîche minute, Pastèque fleur d’oranger et zeste d'orange , un cube glacé parfumé sur lequel l'eau chaude est versée. Un élixir de champ de fleur! Nous aurions pu choisir cella à la Verveine framboise/gingembre ou un granité, des jus de fruits pressés ou non, un café de l' Arbre à Café et surtout la Carte des chocolats. Le classique praliné, l'expresso chocolat ou les Grands Crus des Rêves dosé à votre gout!

Surpris eux-même par leur nouveauté, les officiants nous ont avoué, un peu tard, les exclusivités si exclusives qu'on en a été exclu (pas encore servis mais déjà sur la carte) comme cette madeleine au praliné minute (15/20min à vrai dire)! Un truc à rentrer faire rentrer un DSK dans les ordres. Et que dire de l'éclair intense...

En attendant la formule au complet, on se satisfait déjà des combinaisons proposées malgré le service approximatif mais courtois et la parcimonie pas si polie.



La Pâtisserie des Rêves and Friends
3ème étage du BHV MARAIS de Rivoli
52 rue de Rivoli 75004 Paris

www.lapatisseriedesreves.com

Fermé le dimanche

Salé servi en 2 formats, de 8 à 17€
Expresso 3.5€; chocolat chaud praliné 7.70€; Grands Crux 9.20€; granité 8.20€; Infusions fraîches 7.30€

22 octobre 2014

Emile & Jules, pain & brioche de la ferme

Du champ au fournil

Une nouvelle boulangerie vient d'ouvrir dans le XVIIe par une famille de céréaliers engagés




Ce n'est pas surréaliste, malgré le titre, mais la famille Winocour a manifestement un grain dans la tête. Mais le bon, pas l'ivraie. Ces agriculteurs, plus gentleman-farmers que paysans du Larzarc, viennent d'installer un point de vente tout près de la rue de Levis. On y trouvera la quintessence de leur savoir faire puisqu’ils contrôlent toute la chaîne, de la graine jusqu'à la cuisson, meunerie (sur meule de pierre) comprise!


L'Oreiller et l’Épi, respectivement le pain et la baguette en farine semi-complète sont déclinés en différentes formes et saveurs (graine, figue, noix, pavot, etc) après un long travail de recherche. Plusieurs variétés de blé rustiques et anciennes sont cultivées dans leur ferme des Yvelines pour en sélectionner les meilleures et constituer le mélange parfait. Entre père et fils, les tâches sont distribuées.

Et cette trinité sort un produit sacrément impressionnant! On est d'abord frappé par le parfum de noisette, accentué par une fermentation lente sans doute. Le levain maison vient apporter de la tenue et de la conservation, sans acidité. La cuisson légère donne une croûte fine et ambrée, qui recouvre une mie dense (différente selon les produits). Le tout est assez raffinée et doux. Je me demande ce que donnerait le pain (pas la baguette) avec une cuisson plus poussée.

Une brioche bien joufflue!

Les brioches gardent également cette texture plus sèches et peu grasse tout en étant bien levées. C'est la farine qui est la reine et qui donne le ton, même dans la version chocolat.

Pour les becs sucrés, il y a des viennoiseries d'ami mais surtout 2 tartes maisons par jour (plus une tarte sucrée) dont une excellente aux pommes: une sorte de pâte brisée ferme et craquante, un bon goût de pomme et de beurre.


Les sandwichs sont tout aussi soignés: juste ce qu'il faut de beurre Beillevaire, du jambon au torchon ou du thon ou de la viande des Grisons associés à du fromage, des olives, etc... . Les 2 formules sont d'ailleurs bon marché.

Dans la partie épicerie, les jus de fruits (pommes ou poires son excellents, long en bouche, sensation de fruit mur et frais) font bonne impression comme le miel, les biscuits Les 2 Gourmands dont on vous a déjà parlé et d'autres bonnes choses encore qui fleurent bon le produit artisanal local.



Une affaire de famille qui tourne bien, des produits simples aux saveurs franches et naturelles et surtout très typées. On a l'impression, grâce à eux, de retrouver le vrai goût du blé qui n'est autre que celui qu'ils ont choisi.




Émile & Jules
18 rue de la Terrasse 75017 PARIS
Tél. : 01 73 75 67 44

Boutique ouverte du lundi au vendredi de 7h à 20h30 et le samedi de 8h à 20h

Formules à partir de 6.50€

Facebook
Twitter : @Emile_et_Jules

15 octobre 2014

Les créations de Nöel d'Un Dimanche à Paris

On bûche!

Récit et ressenti lors de la présentation des produits de Noël et de saison de la célèbre adresse du VIeme entièrement dédiée au chocolat.



Comme vous le savez, la pâtisserie a adopté les rythmes de la mode, avec ses saisons et son calendrier. Les grandes maisons font ainsi découvrir la carte de l'hiver en plein été. On ne s'en plaindra pas. C'est donc avec plaisir que j'ai répondu à leur invitation de la rentrée.

Quel intérêt, me direz vous? En fait, ils sont multiples. Rencontrer les créateurs, ceux qui fabriquent, et échanger avec eux; goûter, avec toute les explications nécessaires à une dégustation intelligente. L’expérience fut riche et intéressante. Cependant, je me demande comment font ceux qui les enchaînent, heure après heure!

La démarche avait un sens après mon post (il y a trop longtemps) sur cette maison et la découverte de Quentin Bailly, le talentueux pâtissier de l'époque. Cela m'a permis d'échanger avec Pierre Cluizel - le créateur de ce concept store -  autour du monde du chocolat en pleine ébullition - ou fusion vu la délicatesse de la matière! Je rappelle qu'Un Dimanche à Paris est l'oeuvre de cet expert en fèves de cacao, (qui mérite sa couronne) dédié à l'univers du chocolat sous toutes ses formes. Outre la boutique qui vend pâtisseries, tablettes, bonbons, chocolat chaud au comptoir, pâte à tartiner, glaces et même des ustensiles; le lieu possède également un restaurant, un bar, un atelier de cuisine et une salle de réunion afin de déguster au mieux les accords imaginables entre le chocolat et les plats ou les boissons.

Au commande du labo, le chef patissier Nicolas Bacheyre, un passionné de sucré qui a commencé très tôt dans la boutique familiale avant d'exercer en compagnie de prestigieux formateurs maintes fois primés. D’après ce que j'ai goûté, son style affiche un goût pour les textures originales, les arômes puissants et les défis tecniques. En accord avec Pierre Cluizel, il s'efforce de trouver des associations sublimant le cacao.

Pour les fêtes de fin d'année le thème choisi est Un Noël en forêt. Parmi les 7 produits s'y rapportant, j'ai noté:



Bûche "Blanche Exotique"



Ganache montée en fromage blanc vanillé, confit de cubes de mangue et kalamansi, feuilletine croustillante au coco & biscuit Joconde moelleux recouvert de noix de coco râpée, de copeaux de coco fraîche et de bulles de mangues coulantes.
Une pure gourmandise qui s'étend sur tout la palette des saveurs avec de l'acidité, du fruité, de l'exotique, du sucré, etc. C'est une sorte de crème très douce et fondante qui rafraîchit le palais et dépose un parfum fleuri. Ideal en fin de repas chargé. Les morceaux de mangues et la feuillantine évite le côté trop mou en donnant de la matière. Le montage est beau et impressionnant, donnant la sensation de vrai bois. Attention de ne pas la glisser dans la cheminée.


Bûche "Écorce de chocolat"



Mousse au chocolat boisé aux épices de Noël, crémeux mandarine & cardamome verte. Streuzel cacao et fleur de sel, enrobée de bouleau en chocolat.
Un incroyable morceau de bois dans votre assiette, et d'ailleurs, il y a vraiment beaucoup de bouleau pour en arriver là! Le biscuit, à l'aspect charbonneux, apporte du croquant, voire du solide qui contraste avec la mousse parfumée aux épices de saison. On ne dévoilera pas la recette pour donner ce goût de pin; après tout, Noel c'est aussi du mystère.


Bûche Lactée Caramel Noisettes



Dacquoise noisette & éclats de noisettes du Piémont, caramel tendre. Ganache montée au chocolat au lait 40%. Chantilly noisette recouverte d'un fin velours et de copeaux de chocolat au lait & billes de noisettes coulantes.
Une sorte de volcan de caramel rehaussée de noisettes. Pas du tout écœurante. Un classique de la maison que l'on doit à Q.Bailly et qui est revisité chaque année.

Il y avait aussi Le Sapin (mousse chocolat au lait 50%, crémeux vanille, pain de Gêne cacao & ganache tendre au Gianduja. Enrobage fin de chocolat sur sablé breton) en forme de poire (!); Le Mont Blanc; une Couronne de Noël aux fruits confits à partager et la Galette du roi (Feuilletage inversé garni d'une crème d'amande et noisettes, confit acidulé et crème de citron) que je n'ai malheureusement pas pu goûter. La référence au Roi Soleil est immédiate et la réalisation ingénieuse.

Illusion!

Et ce n'est pas fini! La maison présentait également "Ses emblématiques", les productions de saison.


Apres un Kir Royal à la liqueur de cacao en accord parfait, j'ai pu enchaîner avec leur fameux Foie gras au grué de cacao, poires confites au Maury. Ces dernières donnant l'originalité à une association plus connue qui fonctionne parfaitement. Il n'était pas seul mais soutenu par un pain aux épices.
Une rapide dégustation, le temps d'un Éclair cacao 85% pâte à chou au grué équilibré et dense m'a mené à un autre plaisir furtif mais intense, la Tarte de saison du mois (septembre*) sans gluten figues et lavande (pâte sablée noisettes, confit de figues, ganache montée lavande, figues fraîches de Solliès, Demi-noisettes torréfiées du Piémont, pousses de coriandre). Le montage est ravissant, il donne une apparence de finesse et de légèreté que l'on retrouve en bouche. Toujours aussi peu sucré, cette pâtisserie était moins gourmande que l'intitulé toutefois.


Une bien belle journée, un mardi à Paris, dans une maison qui respire la passion et l'amour du travail gourmand.


*La Tartelette du Mois d'octobre: La Poire Poivrée façon Amandine

Un Dimanche à Paris
4-6-8 cour du commerce Saint André 75006 Paris
Tél: 01 56 81 18 18
www.un-dimanche-a-paris.com
Ouvert tous les jours

7 octobre 2014

Yard

A cour ou à jardin

Pour évacuer une nostalgie trop prenante des ambiances londoniennes, une petite cour vous attend à quelques yard du centre de Paris, cachant un petit bistrot "so charming "




Après une orgie de street food du à l'actualité, nous avons effectué une petite digression dans un bistrot parisien aux accents toniques et légèrement british. Pas loin de notre 2eme pôle, Londres mais plus près. Si loin, si proche...

Du coup, c'est encore un restaurant qui ne plaira pas à tout le monde: des plats originaux, des associations typiques anglo-saxonnes, c'est-à-dire sans qui vont chercher à l’international, des cuissons marquées, de l'acidité, un cadre moderne et des quantités de gourmet.


Il faut dire que le menu midi est à 18€, entrée, plat et dessert. Uniquement en produit frais de qualité et régulièrement renouvelé. Peu de risque d'ennui donc. Pour ceux qui connaissaient déjà, le chef a changé, et affiche dorénavant une vraie carte d'identité Commonwealth, tout proche aussi puisque Shaun Kelly est Australien. Ceci explique cela. Avec une proprio franco-américaine, ils doivent se comprendre.


L'inspiration cherche aussi du coté de la tradition parisienne, sans doute grâce au passé du chef, car pour arriver ici, il est allé Au Passage. L’Italie est présente également, notamment par des vins finement choisis, l'autre corde à leur arc.



Dans une salle chaleureuse à l'indéniable cachet british (il y a une cheminée pour l'hiver), sise dans une ruelle calme, bordée de tentations culinaires, on regarde l’ardoise en priant pour que le plat qu'on choisi soit dispo. Les cuisiniers sont à l'oeuvre sur le pass (la cuisine est dans l'autre pièce). Aidé par un service actif et informé, on découvre.


Crème de chou-fleur


Un potage "à l'anglaise", épais, "aux petits oignons" (au sens propre et au figuré) mais doux et subtil avec ses copeaux de vanille séchée. Sans crème mais allongé au lait pour la douceur. Une caresse.

Bavette au raifort, petits radis


Une viande fondante et bien saisie aux petits légumes (un sens) mi cuits et une sauce qui relève bien. Plus étonnant pour ce genre de resto, une cuisson différente de la demande.


Raie gremolata



Le poisson était hyper frais donc tendre aux accents du sud (sans les câpres) avec une gremolata façon "crumble" maison frais et parfumée qui s'associe parfaitement avec le poisson. La purée était bonne mais frustrante avec ses allures de condiments.

Figues ricotta maison



La figue de saison était impeccable, il manquait juste un peu de miel pour la gourmandise et une autre figue pour la solitude. La ricotta avait enfin du goût, parfaitement  accompagnée par une meringue légère.

Ganache chocolat


Le dessert qui tue, un crémeux en forme d'arme de destruction massive de régimes avec une pointe d'huile d'olive pour achever le tout. Le gras, c'est la vie, mais c'est bien de mettre un peu de sel aussi. Dangereux tout seul, prévoyez des renforts.

Les vins conseillés étaient en accord, comme l'ambiance, cool et détendu.


En conclusion, un bon bistrot de quartier qui tente de se frayer un chemin entre gourmandise et originalité, avec parfois quelques imprécisions, dont on attend avec impatience l'ouverture prévu le mois prochain d'un espace à tapas dans la salle attenante.



Yard
6 rue de Mont Louis 75011 Paris
Tél: 01 40 09 70 30

Fermé les samedi, dimanche et lundi soir.
Formules midi 15-18 €, le soir à la carte 25-35 €
Avec de horaires anglais jusqu'à 14h30 voire 15h le midi

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1 octobre 2014

Pizzeria dei Cioppi

Ciappo!

Après la claque qu'on avait pris dans leur Ier établissement, le Caffè dei Cioppi, c'est maintenant une tarte, bien cuite, que nous avons dégusté, dans leur nouvelle annexe dédiée à la pizza al taglio.




C'est à croire que tout se fait à deux chez les Cioppi! Le couple transalpin a déjà connu un double succès d'estime et d'audience avec leur micro restaurant familial à la cuisine maison personnelle et intense. En multipliant le mètre carré par 2, le chef Fabricio, s'est offert un nouveau terrain de jeu, à 2 pas, pour exprimer son amour des produits "pure origine" Italie. Manifestement, ça le bottait.

Il s'est donc installé en lieu et place de 40x60, qui sortait déjà les pizze dans le format du même nom. Une affaire de chiffre. Bon calcul de sa part, puisque le résultat est exponentiellement égal au plaisir ressentie. Et c'est rue Trousseau qu'il a trouvé la clé.


La parité est tout aussi respectée puisque sa compagne veille maintenant au grain en mettant la main à une pâte du jour maison comme ils l'ont toujours fait. Pas de recette dictée ou de principe régional (romaine ou napolitaine) mais des souvenirs et des envies qui respirent l'enfance et le vécu. La chef étant pâtissière, la tarte du jour respirait le beurre et le fondant. Aidée par Diego, le fidèle complice, ils cuisent à la plaque des pizzas plus épaisses mais très aérienne réalisées avec de bons produits et généreusement garnies.

A la ricotta de brebis qui ne pas fondre que le fromage

Quelle pâte, ces italiens!

La carte était si alléchante que le choix a été coriace: pizza à a la saucisse n'duja, ricotta de brebis de dingo et sauce tomate savoureuse (Calabrese); tarte garnie de (beaucoup) de bons légumes et croustillante accompagnée de roquette. On aurait pu choisir une margherita, une rossa (anchois), une scarmoza (fumée) ou bien une caponata, une salade, une focaccia (posée mais non imposée, sans même demander, on vous propose de changer les ingrédients), deux salades...


Pour accompagner tout ça, de joli vins italiens et une limonata Portofino qui rafraîchit. Les bières artisanales de la péninsule nous faisaient également de l’œil, tout comme le limoncello bio. Parfait pour préparer le terrain à une mine d'or: une tarte aux noisettes crémeuse et explosive en bouche.

Dans cette petite salle simple qui fait penser à un café de quartier, on se sent proche et bien, comme des voisins. Et on rêve d'habiter à 2 pas...de deux....bonnes adresses.


Pizzeria dei Cioppi
44, rue Trousseau, 75011 Paris
Tél.: 09 84 48 14 58
5 à 7€ la part
Ouvert de 12h à 14h30 et de 19h à 22h. Fermé dimanche & lundi.

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Lien vers notre article sur Cafffè dei Cioppi