27 août 2014

MG Road

Un iranien dans la ville

MG Road inaugure à Paris les "irani cafés", ces cafés à la mode iranienne à Bombay, en provenance d'Angleterre, à Paris, vous suivez?


Show me the road!

Même s'il s'agit avant tout d'une référence voire d'un revival, le thème a été bien rodé, à Londres notamment. On ne sera pas étonné d'apprendre que le chef Manoj Sharma a travaillé chez Dishoom, son plus célèbre représentant dans la capitale anglaise, que nous avons eu la chance de tester. Ainsi que Amaya, un des meilleurs et des plus beaux restaurants indiens londoniens, représentant un type de cuisine peu connu en France. Le pape de ce renouveau culinaire, Vineet Bhatia maître du chef actuel et premier étoilé indien, a d'ailleurs son livre de recettes dédicacé sur l’étagère de l'entrée.


L'idée est de recréer une atmosphère accueillante, un décor propice à un voyage et un moment de détente, comme à l'heure de gloire de ces cafés à Bombay. Une sorte d'Inde des années 40, entre salon de thé, maison d’hôtes et café de quartier. Les moyens français sont plus limités mais Stéphanie de Saint-Simon la propriétaire-décoratrice a mis beaucoup de soin dans la réalisation. Entre le carrelage ancien, les miroirs et vitres décorées, le mobilier et même la vaisselle, tout a été pensé pour évoquer et transporter.

La carte reprend les classiques mais avec une harmonie dans les couleurs et des parfums d'Orient dans les épices. Les plats expriment les orientations de la nouvelle cuisine indienne, plus légère et subtile mais tout aussi parfumée. En compagnie de la toujours joyeuse Anaïs de Parisianavores dont voici l'excellente revue, nous avons pu tester plats, desserts, boisson et accueil vu notre arrivée tardive.


"Onctueux butter chicken curry & riz pullao", 16€ .  Rassurez-vous, la sauce est plus légère qu'il n'y parait. C'est une recette douce et subtile qui laisse la place aux épices (24 au total!). Les légumes croquants apportent de la fraîcheur mais le riz joue son rôle en s'imprégnant du mélange de parfums.



"Bar en feuille de bananier riz parfumé au citron", 18€.  Étonnant montage avec une sorte de farce au milieu du bar pour infuser la chair tendre d'effluves de coriandre, de gingembre et de green chili entre autres.



Le fromage est assorti, c'est-à-dire servi avec fruits & condiments (chutney), que l'on peut retrouver dans la partie épicerie.



"Creme brulée d'indian rice pudding, sucre brun", 6€. Nettement plus crémeux grâce à la semoule de riz, assez puissante (cardamome notamment mais aussi safran et clou de girofle), pas trop sucré.



Avec plus d'appétit et une arrivée moins tardive, on aurait pu prendre des entrées très tentantes (Golgapa des rues d'old Dehli, le poulet tikka ou le Koliwada fish finger), des accompagnements de circonstances (naan & roti du jour, le dal...). Finalement, un des bonnes surprises a été la boisson, le Nimbu Pani (eau "piquante" aromatisée au citron et menthe, 4€) peu sucré et très rafraîchissante, en lieu et place du lassi, des thés Mittal ou du fameux café filtre Malabar Monsoon. Parfait pour passer en mode coffee-shop avec journaux à disposition.


L'épicerie permet d'acheter les chutneys, le thé Mittal, des condiments produits en Inde dont certains par des associations.


Une nouvelle table originale accueillante et reposante dont la formule midi constitue une bonne opportunité, à moins que vous ne préféreriez l'ambiance du soir.


MG Road
205 rue St Martin, 75003 Paris
Tél: 0142760432
http://www.mgroadrestaurant.com/ (recettes sur le site)

Ouvert de 9h à minuit du mardi au samedi. En 2 services pour chaque repas.

Formule midi entrée/plat ou plat/dessert à 19€
Box à emporter (20 au départ), 13€ (végétarien) ou 14€ en refill

25 août 2014

Marcel

Marcel mal aimé

On hésite, on édite, et Marcel, sans punch, sans serre-dents




Au départ, je cherchais une adresse qui serve l'après-midi. C'est toujours une gageure à Paris de trouver du service continu. Les touristes doivent être dépités. En y regardant de plus près, Le resto-cantine Marcel a d'ailleurs les attraits du modèle anglo-saxons, service large et jolie déco, jusqu'aux recettes. Tentant.

Déj à 3 o'clock, à Paris!!!

A la sortie, ce fut une semie déception. Pas la peine de donner à Marcel du champ. L'ambiance est assez sympa, le personnel accueillant et la présentation travaillée. Cependant, le flegme des serveurs et l’assaisonnement archi sucré ont parasité l’expérience.

C'est donc loin d'être une arnaque, plutôt une déconvenue. Accueillir avec le sourire, c'est bien mais ne pas apporter les menus et même s'étonner qu'on les attende, c'est une autre musique. Comme ne pas connaître l'origine des produits. Un jour (rêvons), il n'y a aura pas que les blogueurs et journalistes qui poseront ces questions, les clients aussi voudront savoir ce qu'ils mangent, pour vraiment en évaluer le prix. Logo "fait maison" ou pas.

La salle s'étire entre miroirs et reflets, entre néo-brasserie et ex-atelier. On se sent bien, les banquettes sont accueillantes et confortables. Dés que les (trop?) jeunes serveurs lâchent leur portable ou finissent de rigoler, le service commence, à leur guise.

Salade betteraves
La carte est world wide web, c'est-à dire internationale et dominée par les yankees: entrée de calamari fritti ou de crab cake; sandwich  en bagels, hot-dog ou fish & chips; salade en version Caesar; assiettes de jamon; gâteaux anglais et brunch. C'est large, varié, et bien choisi.

Le sandwich Reuben
Cependant, passé le plaisir de l'esthétique des assiettes, la bouche se resserre à la rencontre d'un chèvre amer (salade betteraves, 13€) ou par l'abondance de sucre dans les sauces, bannissant tout espoir de goût délicat. L'emmental du Reuben (15€) au pastrami AOI (Appellation d'Origine Inconnu) confirmait son infériorité devant le cheddar. Pour le coup, c'est trop US!
 Il reste toutefois la petite épicerie de produits bienvenus. Cela mériterait sans doute une deuxième visite pour approfondir la large carte, c'était peut-être un mauvais jour. D'autant que la citronnade gingembre (5€) était plutôt réussie.

Un Victoria Sponge - plus sponge que victorieux - achevait mon désir de corps gras. Au diable éthique! Trop cher et trop près du paradis du sucré - la rue du Bac - et ses îlots gourmands (Pâtisserie des Rêves, Des Gâteaux et du Pain, Marcolini, Ladurée, Chapon, etc).

Comme on dit en foot, je ne vais pas accabler Marcel de saillies. Chacun se fera son idée et je serais
heureux d'entendre des avis divers cités.


MARCEL
15 rue de Babylone 75007 Paris
Tel: 01 42 22 62 62
M° Sevres-Babylone, Vaneau
Service continu de 10h à 23h, samedi et dimanche de 10h à 19h d'après leur site

Adresse originelle au 1 Villa Léandre 75018 Paris

A emporter, brunch

18 août 2014

IT Trattoria

La nouvelle Italie à Paris


Un nouveau concept de restauration arrive à Paris avec cette trattoria moderne, spacieuse, aux recettes simples préparées en direct.




Apres notre test de Quindici et ses 700m2 en plein Paris en multiples espaces, on test maintenant une nouvelle version de restauration rapide à l'est de la capitale de 300m2! Ce n'est pas vraiment un concurrent mais plutôt une déclinaison moderne de la cantine à l'Italienne. Pour ceux qui sont allés à Londres (notre cas), Berlin, La Défense ou Marseille, la gémellité est frappante avec Vapiano. Ou comment une chaîne distille du frais et de la qualité, l'antagonisme du moment.


Grand espace qui mêle tables d’hôtes à partager et zone plus classique, belle décoration qui met en avant les produits et les différents produits de la carte, un service jeune et une cuisine ouverte. On retrouve également les bippers pour indiquer que votre plat est pret. Sauf qu'à Londres, c'est 3 fois plus étendue!


C'est un véritable changement dans la mentalité nationale. On le sait, les français préfèrent les petits espaces intimistes, les patrons fort en gueule, le "tradi", "l’authentique" dont chacun a une définition. Ici, c'est la rupture. C'est beau, propre, sympa et moderne!

En y retournant, j'ai pu tester les deux plats phares, la focaccia et les pâtes, ainsi que les boissons qui ont droit à un traitement spécial. Chaque jour, les cuisiniers en paires préparent dans leur machine des pâtes (sans œufs) qu'ils feront cuire à la minute dans un bain automatique au timing parfait et adapté au type de pâte choisie. classe non? Ensuite, ils réaliseront - avec le sourire - la sauce dans une poêle au dernier moment.

Rigatoni all'amatriciana fraîches et jus It Italy
Les pâtes était délicieuses, des Rigatoni all'amatriciana (Olio extra vergine d’oliva ∙ Sauce aux tomates cerises de Sicile ∙ Oignons bio ∙ Pancetta I.G.P. ∙ Pecorino I.G.P. Persil bio ∙ Origan) al dente, bien chaudes, avec une sauce qui avait un bon gout de tomates, enfin. J'ai apprécié le choix entre parmesan et pecorino par dessus.


La focaccia est moins intéressante, à mon gout. Bien que les produits (huile d'olive familiale de Calabre, charcuterie et formages DOP ou IGP) soient bons, le fait que la focaccia soit réchauffé en 2 temps et notamment avec la garniture sèchent le plat et "salent" la viande.

Le dessert garanti maison, un tiramisu fraise était beaucoup trop sucré pour plaire aux gourmets mais au moins il était maison.

Des silos de café! Si haut.
C'est du coté des boissons que cette trattoria tire son épingle du jeu. Le café est soigné, moulu sur place, dans une belle machine propre (la différence!) même si Costa est derrière le projet. Et surtout, ils proposent des frozens yogurts et des jus de fruit et légumes bio en cold press, c'est-à-dire sans centrifugeuse qui brûle les vitamines. Ça a un prix, mais pas le même gout. Le responsable des boissons a un passé qui parle pour lui, en France et en Angleterre. Il est très attentif aux approvisionnements d’après la discussion que j'ai eu avec lui. Le IT Italy (pommes, raisin, basilic, raisin) est vif et astringent. Le IT Boost au Kale me tente bien!

De plus, l'adresse est ouverte 7/7 et de 10h à 22h30! Le personnel, très jeune, sur lequel j'ai toujours des a priori, s'est montré enthousiaste, concerné, dynamique, hyper sympa et attentif. Il faut noter le recrutement particulièrement bien mené avec des employés qui ont travaillé, en France ou à l’étranger, dans des concepts équivalents et qui connaissent leur affaire (j'ai pu parler à plusieurs d'entre eux). Ce qui en fait un endroit agréable et étonnant. On pourra même siroter en terrasse, des que l'été aura commencé....


IT Trattoria
125 Avenue de France, 75013 Paris
Tél: 09 84 40 48 14
http://www.it-trattoria.com
Facebook

Trattoria, focaccia, pasta fresca, vino, salumi, antipasti, salume
Ouvert depuis le 6 mai

Pâtes de 9.4€ à 12.9€; salades de 8.4€ à 10.6€; antipasti de 5.5€ à 6.9€; focaccia 5.5€
Bières 4.5 et 5.5 sauf happy hours; cave à vin; jus de 4.9 à 6.50€, expresso con pana 2.5€
Formules petit-déjeuner avec Cornetto!
A emporter (même tarif)
ipad en libre service

11 août 2014

West Corner, créateur de burger

A l'ouest du nouveau

Les morbihannais peuvent désormais se régaler de burgers artisanaux impeccablement réalisés dans un food truck.


Que ce soit au marché de la presqu’île de Quiberon, à Carnac, Vannes, Etel et alentour, les gourmands curieux pourront goûter le travail du courageux Fred. Tout seul dans sa barque, revêtu de sa tenue de cuisinier assortie aux couleurs orange et noir de son véhicule adoré, il envoie du frais, du maison, du quali, et ce, midi et soir!

Le chef est particulièrement attentif aux bons produits. La viande délicieuse vient du boucher. Je l'ai testé en plusieurs cuissons et elle garde son bon gout. Les légumes viennent de maraîchers, malgré les difficultés d'approvisionnement. Le fromage, habituel point faible des burgers à cause du prix, est ici un cheddar affiné 12 mois. Et surtout, le pain ou plutôt les pains sont fait maison à partir de recettes jalousement gardées. Ce qui lui permet d'en  proposer une déclinaison selon les burgers (lin, sésame, courge). Assez briochés et denses, ils donnent une texture moelleuse très agréable.

 

Le Bacon Cheese à la poitrine fumée ou le Californien à l'avocat raviront les amateurs de compositions, notamment grâce à la compotée d'oignons aux vinaigre de cidre. Mais tout le monde se mettra d'accord sur le Croquant qui la remplace par des oignons rouges. C'est celui qui permet de mieux se rendre compte des saveurs et des textures. Il ne manque plus que des sauces maisons pour atteindre la perfection.




Pour accompagner, les frites fraîches du jour maisons sont bien cuites, légèrement épaisses. Au départ, un coleslaw était proposés mais la charge de travail et le succès ont obligés le capitaine à réduire la voilure. Idem pour les desserts. C'est sur qu'il est plus difficile de travailler sans congélo, ni matières pré-transformés!


Les formules s'étayent de 7.90€ à 11.90€ pour la totale, pas cher par rapport aux ingrédients et à la taille. Je vous conseille vivement de passer commande à l'avance vu le succès et la vitesse du bouche à oreille. Inutile de rappeler que l’accueil est à l'avenant. Pour éviter les attrape-touristes du bord de mer avec vue, mettez la bouche en coin de l'ouest!


West Corner
Planning sur le site ou Facebook
Commande

Bacon Cheese : bun aux graines de lin, compoté d'oignons au vinaigre de cidre, steak du boucher, cheddar affiné 12 mois, tomates, pickles aigre-doux.

Californien : bun aux graines de courge, compoté d'oignons, au vinaigre de cidre, steak du boucher, cheddar affiné 12 mois, tomates, avocat, salades Iceberg.

Croquant : bun aux graines de courge, pickles aigre-doux, steak du boucher, cheddar affiné 12 mois, oignons rouges, salades Iceberg.

1 août 2014

Miznon

La Pita punk!


Tordant le coup de fourchette aux codes de la street food bien pensante, Miznon frappe fort en assumant une dérive des continents si loin si proche orientale.




Cette adresse "soeur" d"un succès israélien, marqué par la personnalité affirmée de son chef, Eyal 
Shani, ne s'est pas ouverte dans le Marais pour jouer les touristes. Du contenu au contenant, c'est 
déconcertant. Cela explique grandement les critiques à son égard. 


En salle!


Pas de séduction facile, pas de code établi mais du choc culinaire, de l'expressif en mode franc 
quasi brutal. On aime ou pas. Le service, déjà. Tutoiement de rigueur, carte en forme de tableau 
métaphysique de fac de philo, musique à donf, serveurs amicaux comme des potes,commandes au comptoir, etc...  Une atmosphère de maison de vacances où l'on se sent tout de suite bien. La déco aussi joue dans l'informel. C'est joli sans volonté, malgré le bric à brac, les caisses de légumes frais importés, les tables hautes puis basses. Sans fioritures.

Et dans l'assiette me direz-vous? Ah parce que vous espériez en trouver, vous répondrais-je? De la 
vraie street food se mange avec les doigts, et surtout des pitas. Et là c'est l'explosion: des saveurs
puissantes, des accords majeurs et des cuissons de malade. Je crois que le chef était pyromane avant 
et que la cuisine l'a calmé, mais pas guéri. Comme ses potes au feu, les cuistots qui vous ont souris 
comme des agneaux en entrant. Ne soyez donc pas surpris de manger brûlé (ou quasi). Ainsi le désormais 
célèbre chou fleur à l'huile d'olive "charbonisé" ou la patate douce, enfin douce sur le papier. Du 
papier, vous en aurez justement, pour vous emballez, vous et vos plats. En amateur éclairé et ouvert, 
vous aurez remarqué que les cuissons sont plus complexes qu'il n'y parait (ils se sont savamment pris le chou). Seuls les idéologues s'en offusqueront.


Bourguignon au vert

Végétarien au pesto maison

Une merveille d'agneau dans son pré

Que vous choisissez végétarien ou viande préparez-vous à retrouver du fondant, du moelleux, un alliage 
savant entre frais (les herbes choisies) et confits. Une sorte de gifle d'amour, violente puis 
rassurante. Les saveurs semblent différentes et pourtant pleine de parcelles de patrimoine.fr . La 
pita, plus épaisse et tendre, fonctionne comme un manteau divers, une doudoune de ce qui nous plait.
Le mode d'emploi est finalement assez simple. 


La Bêêête!

Tu décodes la carte sous forme de territoire: des noms poétiques évoquent les produits de la terre, de la mer, tout vert, en pleine ou demie portion, les accompagnements et les douceurs. Un buffet (miznon en hebreu) met à dispo des condiments et des morceaux dudit pain pour tartiner au pif. Puis on donne un prénom pour l'appel de faim.


Pitatin!

En dessert, l'assoce franco-israélienne fonctionne dans la pita tatin. Et pourtant, ça cale, les garnitures étant très généreuses et les morceaux de viandes plurielles.

En y allant 2 fois, pas de déception et même une confirmation. Plaisir et découvertes se mêlent pour 
étonner vos papilles. Un étonnant mélange de dynamite et de miel, à manipuler avec les doigts, sans se 
brûler. Des pitas de cette qualité, ça se refuse pas.


MIZNON
22 rue des Ecouffes 75004 Paris
M° St Paul, Hôtel de Ville
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Tel: 01 42 74 83 58

Ouvert de 11h à 23h. Fermé vendredi soir et samedi

Pita de 3€ à 11.50€ en salé, 3.50€ en sucré.

25 juillet 2014

Paperboy

US Corner


Quand le sandwich fait sa vélorution




On l'avait repéré, oublié puis on nous en avait reparlé. Alors on a décidé de taster. La rumeur était plutôt bonne et elle s'est confirmée. C'est bien aussi d'attendre que les adresses trouvent leur rythme de croisière et leur public.


Ici, on s'adresse avant tout aux amoureux des sandwich US, avec les accompagnement de rigueur. Si le nom choisi est autant une évocation qu'un hommage à la tradition américaine, les codes de la bonne restauration française sont aussi appliqués. Comme quoi on peut avoir un vélo dans la tête, et celle-ci sur les épaules: tout est fait maison - avant que le label existe - et les produits sont frais et de qualité.

La tournée de livraison de journaux commence avec les passages obligées: salades (Cesar, Cobb qui s'affiche de plus en plus souvent sur les cartes), snacks (BLT, pancakes, saumon/oeuf bio coque, etc), desserts (Granola maison, pâtisserie) et les énormes sandwichs.


Le Turkey (Pain brioché, dinde, bacon, avocat, cheddar, sauce maison; 10€) faisait la une de ses saveurs fat-idiques. Le bon pain absorbe ce qu'il peut pendant que le reste vient ajouter son grain de sel. Ça cale, ça pulse, ça nourrit mais sans entraver la saveur de la dinde de qualité.



Le Smoked Meat (Pastrami, vieux cheddar, pickles, moutarde au miel maison; 12€) vous enfume le palais et envoie du bois. La viande de Will' Smoked Meat - que je cherchais à goûter depuis longtemps - m'a bien plu, charnue et tendre, sans trop d'épices ni de sel. Le tout servi en format papier, dans le panier, comme aux USA.

Devant l'avalanche de calories, utile dans les descentes, périlleuse dans les montées, on aurait pu choisir le Vegan Burger (Pain bun's, steak quinoa/patate douce, sauce maison, laitue, tomate). Vous me direz, une salade verte ou un coleslaw léger en accompagnement font aussi l'affaire. Le sandwich poulet était très tentant, mais il s'était déjà fait la malle.

Pédaler, ça donne soif, du moins autant que le pastrami, alors le choix de bonnes boissons est important. Paperboy assure grâce à des jus rafraîchissants et désaltérants. Comme pour les plats qui se dessine en version "du jour", les jus changent de couleur et de forme durant la semaine. La vraie citronnade gingembre (3.5€) a tôt fait de vous remettre en selle. En régime différencié, il y a des bières aux noms évocateurs (Brooklyn Asahi, Peroni; 5€) et une partie coffee-shop.

Pour les desserts, prévoyez une tournée de plus voire un tour de France avant, histoire de creuser l'appétit, qui nous manqué.


En revanche, le personnel n'a pas été avare de sourire, d'explications, de patience qui nous ont rappelé pour un temps, les mérites du service à l'américaine. Près de l’étagère de l’épicerie de produits de là-bas, la déco perso aux couleurs du drapeau à bannière, en regardant par les larges baies vitrées de notre accueillante petite salle attenante, on s'est détendu, comme une chaîne. Il y a quelque chose de paisible et de chaleureux qui vous fait oublier que le temps, comme la roue d'un vélo, tourne parfois trop rapidement.



Paperboy
137 rue Amelot, 75011 Paris
Métro Oberkampf
Tél: 0143381213
De 12h à 18h en semaine, à partir de 10h le WE; Fermé le lundi
Brunch et coffee-shop (non testé)

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6 juillet 2014

Bob's Bake Shop

Pajol est joli


MarcGrossman alias Bob ou l'inverse a crée l'endroit parfait pour une rencontre de saveurs en ouvrant ce nouvel établissement dédié aux gourmandises US



On l'attendait, on a pas été déçu mais surpris. Marc Grossman a enfin ouvert sa "boulangerie" dans ce nouveau quartier du 18ème arrondissement, au pied d'une terrasse agréable de la Halle Pajol. Le bâtiment détonne, il offre un coin de calme et de quiétude dans une zone plutôt rugueuse. Pajol est joli...

What else?

Pas déçu car la qualité est au rendez-vous, les saveurs impeccables mais surpris car c'est plus un coffee shop, un bagel shop et une pâtisserie qu'une boulangerie. Pour l'instant du moins. La cadre est incroyable, comme un diner de National Park, un lodge dans une forêt de séquoia ou un déli de NYC (le fameux Katz's Deli). Bois, bois, bois et métal. Des panneaux blancs, une vaste cuisine, à l'inverse des habitudes nationales.

Déli-cieux!
Pas de baguette ni de pain de campagne en vue mais 2 types de bagels hyper frais et cuits selon les règles (poché ou non) alors qu'à Paris ils sont réchauffés; et des accords en mode majeur, plutôt orienté nourriture saine comme à son habitude. Il y aussi les fameux jus "cold pressed" dont nous avons déjà parlé, qui gardent les vitamines et leur fraîcheur plus longtemps et des pâtisseries US très bien tournées.

Faisons un tour de carte:


Ces bagels se distingue par les pains (oignons et nature non poché, sinon il y avait pavot) et par les recettes:

A ma gauche, le "vegan hummus carottes marinées". Pain ferme, houmous bien crémeux et savoureux, légumes et verdure à foison.
A ma droite, le "Tomato cream cheese avocado", plus gourmand avec son accord parfait sucré/salé et les petits oignons marinés pour le croquants. Le pain bialy est moins ferme mais tout aussi bon. Un régal. La qualité des ingrédients se remarque immédiatement, comme la cuisson des pains, réalisée chaque matin.
Le tout accompagné de mini coleslaw sans mayo et d'un pickle pour faire passer.
Il y avait également du tuna, du tomato relish/cheddar, du Kalamata/feta et le fameux cream cheese/saumon bio d'Ecosse. Yummy!


Le tout accompagné d'une petite salade de carottes/mangue/concombre en lamelles rafraîchissante; des jus et une compote fraise/rhubarbe d'anthologie.

Et ce n'est pas fini, comment ne pas évoquer et donc résister à la vitrine des desserts qui est un appel au vice. Toute la team des spécialités était réunie mais le carrot-cake, qui osait nous tourner le dos a été puni, comme son amie la "pie" fraise/rhubarbe crème déstructurée. Le Ier affirmait un bon taux de graisse et sucre mesuré avec son petit glaçage pour l'extra; et le second, tout aussi léger mais gourmand laissait les fruits s'exprimer en premier, gentleman.


Cocktail de fruit sans paille...

Pour finir en beauté, un café de la réputé Belleville Brulerie pour leur blend de grain à l'anglo-saxonne. La marzocco fait son travail mais il est possible de boire aussi du café filtre!



Bob's Bake Shop
Halle Pajol
12 esplanade Nathalie Sarraute face au 39 rue Pajol 75018 Paris
Ouvert de 8h à 16h, avant un service le soir
Facebook

Petit déj et brunch avec compote maison, granola, porridge de chia (enfin!), cookies, pies, challah et bagels toastés.
bagel 8.50€